Environ 2 600 personnes devront être formées dans le secteur financier à Maurice au cours des trois prochaines années. C’est ce que révèle une étude menée par le Human Resource Development Council sur la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée dans ce domaine à Maurice, dont les données seront validées demain lors d’un atelier au Domaine Les Pailles. Auditeur, Junior Executive (dirigeant junior), comptable, commis comptable et Credit Risk Officer sont les cinq principaux profils que les entreprises peinent à trouver.
Le Human Resource Development Council (HRDC) a mené entre août et septembre 2011 une étude sur la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée dans le secteur financier à Maurice. Environ 90 entreprises étaient concernées par cette enquête qui a pour objectif, entre autres, d’identifier les besoins immédiats et futurs en termes de qualifications nécessaires et de profils des employeurs.
L’étude vise à proposer des recommandations en vue d’aider les planificateurs et décideurs à formuler des stratégies pour réduire l’inadéquation des compétences. Elle sera validée demain à l’occasion d’un atelier à La Cannelle au Domaine Les Pailles. Une centaine de professionnels et acteurs du secteur financier, dont des banques, sociétés de gestion offshore, compagnies d’assurances et de leasing, sociétés d’investissement, associations, établissements d’enseignement supérieur et institutions de formation, participeront à cette rencontre.
Les informations recueillies auprès des participants lors l’atelier de travail et l’étude sur la pénurie de main-d’oeuvre aideront le HRDC à dresser un plan de formation national pour combler l’écart entre l’offre et la demande d’emplois dans le secteur financier. « Ce rapport du HRDC servira de guide aux employeurs, institutions de formation et autorités concernées. Il les aidera à identifier le manque de compétences dans le secteur financier, à anticiper les futures compétences nécessaires et à s’assurer que la formation est axée sur la demande », a déclaré .
Outre l’amélioration des niveaux de compétences, Maurice est confrontée au défi de faire coïncider compétences et emplois. Selon le HRDC, l’inadéquation des compétences désigne les cas où une personne occupe un emploi nécessitant un niveau inférieur de qualification (la suréducation) ou à l’inverse une personne n’ayant pas les qualifications nécessaires. Plus de 55 % des employeurs estiment que Maurice fait face à une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée au niveau national, révèle l’étude du HRDC. Les recruteurs font face à plusieurs difficultés comme des candidats demandant des salaires trop élevés ou préférant se tourner vers l’étranger et une attitude négative envers le travail.
Le HRDC propose ainsi des recommandations pour dynamiser le secteur financier en termes de ses besoins en main-d’oeuvre en vue d’attirer davantage de salariés, de retenir la main-d’oeuvre qualifiée, de favoriser le développement des ressources humaines et de se préparer aux futures exigences en matière de compétences.
« Le HRDC mettra ensuite au point une liste de projets et un plan d’implémentation pour contrer la pénurie de compétences dans le secteur », explique Dr Kaviraj Sharma Sukon, Project Leader et Research & Consultancy Manager au HRDC.