La construction du Pailles Treatment Plant pour le compte de la Central Water Authority (CWA), au coût de Rs 725 millions, contre un coût initial de Rs 450 millions, continue de faire des vagues. Le rapport des consultants indépendants d’Aurecon Ltd, qui a été soumis le 15 juillet dernier au ministère des Utilités publiques, épingle de manière catégorique la forme de Consulting Engineers de Gibb (Mauritius) Ltd dans la supervision de l’exécution de ces travaux. Toutefois, les conclusions des consultants sont également commentées de manière défavorable par Sulaiman Hansroc, Chartered Engineer et Advisor auprès du vice-Premier ministre et ministre des Utilités publiques, Ivan Collendavelloo. Elles soulèvent des zones d’ombre comme l’incapacité d’identifier formellement le Contractor’s Design Engineer, qui détient la clé des défectuosités majeures relevées à la structure principale de la station d’épuration d’eau de la CWA à Pailles.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que la responsabilité du Supervising Engineer, soit Gibb (Mauritius), est engagée dans la qualité des travaux livrés, et ce que ce soit dans le rapport des consultants d’Aurecon ou de l’Advisor du VMP Collendavelloo lors de son analyse des Findings.  Ainsi, ces sources confirment entre autres : « Aurecon has confirmed that inadequate attention ti detail during the design resulted in bad details being implemented. Aurecon is confirming that the concrete is defective in areas of honey-combing. » L’auteur du document en question se permet de mettre en parenthèse « apart baize tou korek ».
Mais ce qui interpelle le Chartered Engineer Sulaiman Hansordf, c’est le silence quasi religieux au sujet du Design Engineer. « It is mentioned that a review of the contractor’s design has been carried out. No meeting is made of the review carried out by the Supervising Engineer and how they compare with each other. More importantly the Contractors’v Desigen Engineer is not mentioned at all. It is paramount that the Design Engioneer be formally identified », souligne-t-il au tout début de son rapport sur les conclusions des experts indépendants d’Aurecon.
Après une analyse des différentes étapes de l’exécution de ce projet d’envergure de la CWA, dont le contrat avait été alloué à Sotravic par voie d’Emergency Procurement, le document confidentiel portant la signature du Chartered Engineer Sulaiman Hansrod note : « It is obvious that the Pailles Treatment Plant structure is defective in many areas. In my opinion, the Supervising Engineer has failed to carry out its duty under the contract with due diligence. The independent expert has rightly assessed that bad details during design have been implemented during construction and however good the workmanship may be or even the supervisions – these bad details will continue to be a problem. »
Plus loin, l’Advisor du VMP Collendavelloo ajoute : « As the bad details identified by Aurecon cannot be remedied by the repairs proposes, a more stringent approach is recommended. The Supervising Engineer has not addressed the issues and in my opinion there has been a lack of professionalism from the Supervising Engineer on a project of that scale and importance. » Plus graves encore sont les commentaires au sujet de l’origine des fuites de la station de traitement d’eau de la CWA à Pailles, soit : « The fact mentioned that the water be has been cut is very serious. If this is the case then the wate bar is not behaving as it should and this has caused a weak area where water would definitely leak through. »
Par ailleurs, les manquements dans le rapport d’Aurecon sont signalés en des termes très durs, notamment que « Aurecon has failed to identify clearly the real issue associated with the defects that have arisen at Pailles Water Treatment Plant ». À ce stade, aucune indication n’a transpiré des sources officielles quant aux mesures envisagées en vue de remédier à la situation, excepté que le VPM Collendavelloo a soutenu que le gouvernement ne dépensera pas un sou supplémentaire pour les travaux de réparation et de réhabilitation de la station de traitement d’eau de Pailles. Mais il y a encore l’enquête de l’Independent Commission against Corruption, avec tous les dossiers des procédures d’allocation de ce contrat alloué à la firme Sotravic sous son contrôle.
Cette affaire remonte à 2012, la CWA étant réticente à adjuger ce contrat car le Bid Evaluation Committee était arrivé à la conclusion que « estimates are above updated cost estimates », soit au moins 25% plus cher. Toutefois, en une quinzaine de jours, soit entre le 1er et le 14 mars 2012, la CWA devait se rétracter et prendre à contre-pied une directive du Central Procurement Board, qui avait recommandé l’annulation de l’exercice d’appels d’offres. La CWA devait même avoir recours à des Emergency Procedures pour allouer les travaux de la station de traitement de Pailles à Sotravic avec, comme consultants, Gibb & Partners. Aujourd’hui, avec les fissures relevées dans la structure de la station de Pailles et les conclusions de l’enquête des consultants d’Aurecon et l’Assessment du Chartered Engineer du VPM, la CWA se rend à l’évidence qu’elle n’avait pas eu « money for value ».