La nouvelle est tombée, vendredi : le gouvernement a approuvé une hausse salariale variant entre 6 et 19% pour les employés d’hôtels de moins de 60 chambres et de restaurants de moins de 40 couverts. Ceux travaillant dans des établissements de plus de 60 chambres et des restaurants de plus de 40 couverts obtiendront une hausse de 20% sur leur salaire de base. Qui plus est, les heures normales de travail au sein de l’industrie passent de 48 à 45 par semaine. Si les principaux concernés attendent de prendre connaissance du rapport NRB dans son ensemble avant de se prononcer, d’ores et déjà, ces décisions sont diversement commentées. D’une part, les employés se réjouissent que certaines de leurs récriminations aient été prises en compte. D’autre part, le patronat craint le double impact sur les coûts salariaux dans l’industrie.
Outre les hausses salariales approuvées par le Conseil de ministres, vendredi dernier, le gouvernement a également approuvé que les overtime ou heures supplémentaires soient calculées à partir de 45heures de travail. Les employés ayant travaillé deux heures supplémentaires après leurs heures de travail auront droit à un repas gratuit ou une allocation de Rs 70. De même, les congés annuels des employés de l’industrie disposant de plus ou moins 12 mois de travail continu passeront à 16 jours, alors que les travailleurs auront droit à des congés de maladie cumulés d’un maximum 90 jours. Il a aussi été approuvé que les congés de maternité ne soient plus limités à trois accouchements et que l’allocation pour la maternité passe à Rs 3 000.
Avec l’annonce des décisions du Conseil de ministres de vendredi dernier, les employés d’hôtels et de restaurants, regroupés au sein de la Mauritius Hotels and Restaurants Employees Union (MHREU), qui manifestaient il y a à peine un mois pour la publication du rapport NRB sur le secteur, ont hâte de prendre connaissance du rapport. “Certes, certaines mesures, à l’instar des heures de travail ramenées de 48heures à 45heures, paraissent à première vue, correctes, mais nous devons voir le rapport dans son ensemble avant de le commenter”, indique Jean François Mars, le président. Et de faire ressortir que si le rapport NRB était attendu depuis 10 ans, il y a également le Collective agreement à prendre en considération avant de savoir qui sont les réels bénéficiaires du rapport.
De son côté, l’AHRIM rappelle que le présent rapport NRB fait suite à la publication des premières propositions du NRB de février dernier, et des contre-propositions soumises par la suite par les employeurs ainsi que les syndicats. “Les employeurs avaient, à cette époque, déjà réagi fortement auprès du NRB sur de nombreux aspects de ces premières propositions et avaient notamment souligné que le NRB ignorait tout simplement le fait que pour pouvoir remplir de nouveaux engagements qui leurs sont imposés, principalement une réduction des heures de travail ainsi que l’ajustement à la hausse des salaires, les employeurs doivent pouvoir se donner une chance d’améliorer leurs performances et agir sur la productivité du travail, dans un contexte moderne devenu plus exigeant”, dit l’association.
Elle indique ainsi que la Commission Ressources Humaines ainsi que le Conseil de l’AHRIM se pencheront maintenant sur les détails de ce nouveau rapport dans son ensemble avant de se prononcer. “Nous osons espérer que certaines des flexibilités demandées par les employeurs dans le cadre d’une organisation plus efficiente du travail nous aient été accordées. Il faut le savoir, depuis 2010, la productivité du travail ne cesse de reculer par rapport à l’augmentation des salaires”, dit le président Jocelyn Kwok.
Cependant, ajoute-t-il, “à première vue, s’agissant des taux horaires qui augmentent suite à la baisse du nombre d’heures de travail hebdomadaire, et en même temps, la hausse des barèmes de salaires, le double impact sur les coûts salariaux sera énorme sur une industrie qui, rappelons-le, accumule des pertes opérationnelles depuis 2009.”
L’AHRIM estime que la nouvelle proposition d’imposer des hausses plus conséquentes sur les gros employeurs n’est pas favorable aux petits employeurs, non plus.