Le calvaire des travailleurs étrangers à Maurice est loin d’être terminé. Après le cas d’employés de KNE Garments ayant manifesté devant le ministère du Travail en début d’année pour le non-paiement du boni de fin d’année, c’est au tour maintenant d’ouvriers bangladais travaillant pour le compte d’un sous-contacteur engagé dans la construction de monter au créneau. Une vingtaine d’étrangers affirment en effet qu’ils n’ont pas reçu la totalité de leur salaire de décembre et encore moins le boni de fin d’année. Depuis hier matin, le syndicaliste Faizal Ally Beegun multiplie les démarches, notamment au bureau du ministère du Travail à Port-Louis et à l’ambassade pour trouver une solution à ce nouveau cas où des ouvriers étrangers sont soumis à des conditions d’emplois déplorables.
C’est en début d’après-midi lundi qu’environ vingt ressortissants bangladais se sont présentés à la rédaction du Mauricien pour faire part de leur calvaire au sujet de leurs conditions d’emplois. Initialement, ces étrangers avaient déboursé une somme de Rs 110 000 à un agent recruteur en vue de l’obtention d’un emploi à Maurice. Ces ouvriers, opérant pour un sous-contracteur qui bénéficie de contacts depuis une importante compagnie engagée dans le secteur de la construction, en l’occurrence Sotravic Ltd, vivent un véritable cauchemar, au moins en tout cas depuis la fin de l’année dernière. Ils affirment en effet que la totalité de leur salaire de décembre n’a pas été payé, de même que leur boni de fin d’année.
En vue de sortir de l’impasse, ces Bangladais ont fait appel au syndicaliste Faizal Ally Beegun, dont l’engagement envers les travailleurs étrangers ne souffre d’aucun doute. Le syndicaliste a pris, depuis peu, connaissance de ce dossier, qu’il trouve des plus choquants. « Il faut faire ressortir que l’employeur a également confisqué les passeports de ces ouvriers, ce qui constitue une forme d’esclavage des temps modernes. Seule la police a l’autorité d’adopter ce genre de pratique. Ces étrangers qui travaillent pour Rs 310 par jour n’ont même pas de Pay Slip ! » expliquait Faizal Ally Beegun hier au Mauricien alors que des démarches étaient toujours en cours du côté du ministère du Travail à la Victoria House ainsi qu’au niveau de l’ambassade concernée.
Mais les travailleurs disent également avoir plusieurs fois cherché l’aide du ministère du Travail ainsi que de leur ambassade, mais en vain. Du fait de ces dénonciations de mauvais traitements réservés à ces ouvriers depuis leur arrivée à Maurice, Faizal Ally Beegun lance un appel au ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn, pour que celui-ci prenne des mesures correctives. « Il est temps de mettre de l’ordre concernant le dossier des travailleurs étrangers à Maurice de même qu’au sujet du rôle des agents recruteurs. Dans le passé, des ministres ont toléré ce genre de pratiques. Il faut que tout cela cesse ! » déplore-t-il.