Suite à son analyse de la situation dans le secteur de la construction à Maurice, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), par la voix de son président, Reeaz Chuttoo, a exprimé ses craintes quant à des éventuels licenciements massifs dans ce secteur de notre économie. La concurrence des compagnies chinoises et les largesses au niveau de la direction des compagnies mauriciennes en seraient la cause, selon Reeaz Chuttoo.
« Notre analyse de la situation dans le secteur de la construction à Maurice nous permet d’arriver à la conclusion qu’il y aura des licenciements massifs dans ce secteur. Des milliers d’ouvriers mauriciens vont perdre leur emploi si les autorités ne se ressaisissent pas et restent les bras croisés », soutient le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo.
Pour soutenir ses dires, il cite le cas d’une compagnie très connue dans le domaine de la construction, qui après avoir obtenu des contrats de travaux publics s’élevant à des milliards de roupies durant les quatre dernières années, a signifié son intention de licencier presque la totalité de ses employés, faute de nouveaux contrats. « Sa gran firm-la finn fini fer so bann travayer kone ki li pou bizin met zot deor parski li pas finn gagne contra », a-t-il indiqué. « Kuma sa gran konpanie-la, ena boukou lezot firm dan domaine konstriksyon ki finn fer kone ki zot en difikilte parski zot dir zot nepli ena kontra », a-t-il ajouté. La CTSP, selon Reeaz Chuttoo, regroupe 65 syndicats du secteur de la construction.
Les compagnies de construction locales, poursuit-il, ont à faire face à une concurrence très rude de la part des compagnie chinoises. « Ena kompani internasyonal sinwa ki kapav fer la mwatie kotasyon ki bann kompani morisienn fer ». Pour illustrer ses dires, le syndicaliste cite le cas de la construction du barrage d’Arnaud (Arnaud Dam) dans les parages du réservoir de Mare aux Vacoas. « Les compagnies mauriciennes ont coté pour plus de Rs 500 millions, tandis que les Chinois ont coté pour Rs 237 millions. Cela doit nous interpeller », insiste-t-il.
Dévoilant les conclusions d’une enquête préliminaire que la CTSP a effectuée, Reeaz Chuttoo affirme avoir découvert pourquoi les firmes de construction mauriciennes ne peuvent faire le poids devant les compagnies chinoises. « Bann firm lokal pa konpetitif parski zot ena bann largess inakseptab au nivo managerial level. Bann saler ek fringe benefits ban direkter ek bann kad, kat a sink fwa, parfwa plis, ki la totalite des saler de tou zott bann travayer manuels, tandi bann konpanie sinwa, zot bann direkter ek kad na pa ena sa train de vie debride-la ».
Pour le syndicaliste, il est « inacceptable » que ce soient les petits employés de la construction qui paient les extravagances de la direction de leur compagnie.
Dans ce contexte, la CTSP a fait une série de cinq propositions (voir encadré) qu’elle a soumise aux autorités pour redresser la barre dans le secteur de la construction à Maurice. « Fode pa blie ke le sekter de la konstriksyon se la kolonn vertebral de nou lekonomi. Si gouvernma na pa fer narien, krwraz lebra ek less zouvrie perdi plas par milie dan sekter konstriksyon, pou ena instabilite sosyal, pou ena dezord dan pei enn zur ».