Les négociations engagées entre la direction de la Cargo Handling Corporation et la Port-Louis Maritime Employees Association — sur la révision des conditions d’emploi — se sont déjà retrouvées dans une impasse lors de la première rencontre in-house hier après-midi. Cet obstacle intervient à une semaine d’une convocation formelle à la Commission Conciliation et Médiation où les deux parties en litige devront report la progression des négociations en cours. Devant les possibilités d’une deadlock définitive — la date butoir de la médiation arrivera à terme dans un mois —, les dirigeants syndicaux ont entériné la décision de tenir une assemblée générale le 4 avril avec à l’agenda une éventuelle grève qui paralysera les activités portuaires.
Selon le calendrier de travail établi, ce premier round de négociations hier après-midi devait aborder la revendication syndicale portant sur la mise en place d’une nouvelle structure pour les opérations en prenant en considération la revalorisation des tâches réalisées par les travailleurs manuels. Mais à un certain moment des consultations, la direction de la Cargo Handling Corporation Ltd (CHC), sous la responsabilité du Managing Director Gassen Dorsamy, devait faire comprendre qu’elle se retrouve dans l’incapacité de prendre des décisions appropriées à ce stade.
Les négociations se heurtent à cette nouvelle position adoptée par la direction de la CHC alors que le 21 avril prochain, soit dans précisément un mois, cette campagne de médiation entre les deux parties pour trouver un compromis sur les conditions d’emploi touchera à sa fin. Les autres revendications de la Port-Louis Maritime Employees Association (PLMEA) pour les prochains rounds de négociations, dans les semaines à venir, concernent une hausse salariale de 20 % aux travailleurs du port ; une série d’améliorations et de changements dans les Conditions of Service ; une harmonisation du Pension Plan et la correction les anomalies rapportées par les travailleurs.
Un des prochains rendez-vous entre les deux parties en litige est fixé pour le 28 mars devant la Commission Conciliation et Médiation (CCM) en vue d’un rapport sur la progression des négociations jusqu’à cette date. La CCM agit comme arbitre dans cette affaire après que les dirigeants syndicaux ont déclaré une « labour dispute » devant cette instance le 25 mai. Dans la correspondance, la PLMEA avait fait comprendre qu’au départ « no negotiation has been possible between the union and the CHCL, given that CHCL has not responded to the Union demand to initiate negotiations under section 53 of the law. Thus, no meaningful negotiation has been possible and a stage of deadlock has been reached with the refusal of the Management to negotiate in line with provision of the law to resolve the issues in dispute ».
« In light of the above, and the annexed documents, the PLMEA has no alternative other than to exercise its rights, as laid down in the Employment Relations Act, to report a labour dispute under Section 64 of the Employment Relations Act 2008 to the CCM. Knowing the dedication of the President, the Vice President and other members of the CCM, we are confident that the CCM can play an important role in settling this serious labour dispute reported by the Union », devaient conclure le président Alain Edouard, le secrétaire Fernand Fanor et le négociateur Ashok Subron.
Dans la conjoncture, le représentant des travailleurs du port a convoqué une assemblée générale le 4 avril pour passer en revue les étapes de négociations engagées avec la direction. Déjà on laisse entendre que la possibilité d’une grève légale dans le port sera évoquée si le bras de fer dans les négociations se poursuit lors des prochains rounds. « En cas de deadlock définitive, la procédure nous donne les possibilités d’avoir recours à une grève légale ou de saisir l’Employment Relations Tribunal. Cette procédure légale, que nous respectons depuis le début de cette Labour Dispute, tombe sous les articles 64 et 69 de l’Employment Relations Act. La PLMEA tient de ce fait à condamner la prise de position du ministre du Travail Shakeel Mohamed qui démontre son allergie pour le droit de grève légale des travailleurs. Li pe melanze torson ek serviet. Ses déclarations de presse démontrent qu’il tente de créer une psychose. Il est clair que le ministre commence à paniquer après la démonstration de force samedi avec 5 000 travailleurs envahissant les rues de la capitale », soutient le négociateur Ashok Subron dans une déclaration au Mauricien.