Les relations industrielles sont des plus tendues depuis cette fin de semaine au sein d’une compagnie du Seafood Hub dans le secteur portuaire après le licenciement d’un de ses employés. Les syndicalistes de la Port-Louis Maritime Employees Association (PLMEA), représentant les intérêts des travailleurs de cette compagnie, présentent cette démarche comme étant injustifiée et ont d’ores et déjà enclenché les premières actions syndicales à cet effet. En attendant que le ministère du Travail soit sollicité en ce début de semaine pour l’ouverture d’une enquête, une déposition a déjà été consignée par le licencié lui-même au poste de police du Port dans un premier temps, vendredi soir. Dans la conjoncture, une assemblée des travailleurs sera convoquée en urgence demain après-midi à Port-Louis en vue d’endurcir les actions avec pour objectif d’obtenir la réintégration de cet ex-employé.
Dans une déclaration à Week-End, le négociateur de la PLMEA, Ashok Subron, soulève les dessous de ce cas de licenciement « injustifié » et ne passe pas par quatre chemins pour avancer que le management de cette compagnie s’est engagé dans des actions répressives à l’encontre de plusieurs délégués syndicaux (dont il fait partie) depuis quelques semaines déjà. « Vendredi après-midi, le management a décidé de licencier le principal délégué syndical de la PLMEA en dépit des avertissements que nous avons transmis depuis le mois dernier. Il faut dire que depuis le mois de mai, des actions répressives ont été engagées à l’encontre de plusieurs délégués syndicaux. Le management a finalement décidé de passer à l’action : le délégué Hansraj Joghee a été licencié simplement pour émis fait une plainte sur la question de Health and Safety sur son lieu de travail », explique le syndicaliste. Ashok Subron va même plus loin, alléguant que le management a mis en place un comité disciplinaire « bidon et nullement indépendant en vue de perpétrer cette violation flagrante du droit syndical ». 
La levée de boucliers syndicale ne s’est pas fait attendre : une déposition a été consignée au poste de police du Port, dès vendredi soir, sous l’article 30 de l’Employment Relations Act, pour victimisation et violation du droit syndical. En ce début de semaine, le ministère du Travail sera approché par la l’état-major de la PLMEA pour diligenter une enquête immédiate dans le but d’établir les circonstances exactes de cette affaire. Il faudra s’attendre également à voir des actions industrielles et des manifestations dans le secteur portuaire dans les jours à venir. Toutefois, ces actions devront passer d’abord par l’étape d’une assemblée des travailleurs convoquée en urgence demain après-midi pour passer en revue toute cette situation. Ainsi, des décisions importantes quant à la stratégie qui sera adoptée devront être entérinées lors de cette assemblée qui se tiendra au siège de la PLMEA à Port-Louis.
Pour sa part, Ashok Subron affirme que ces agissements du management coïncident avec les négociations syndicales pour l’amélioration des conditions d’emplois. « Il est clair que c’est une manoeuvre patronale en vue d’intimider les travailleurs à la veille du coup d’envoi des négociations salariales et des conditions de travail dans le cadre d’un nouveau Collective Agreement », ajoute Ashok Subron. D’ailleurs, ce dernier ne manque pas de faire ressortir que dans une lettre transmise au General Manager de la compagnie tout dernièrement, l’état-major syndical avait déjà fait ressortir que, « the union has noted that during the past two weeks Management is abusing disciplinary procedures to target official union’s delegates, amidst the official negotiation of a collective and procedural agreement between the Management and the Union ».
Dans cette même correspondance, la PLMEA avait fait remarquer que, « the suspension of Mr Joghee and his summon to appear before a Disciplinary Committee, was issued at 3.55 p.m, just a few hours after the union submitted its official notice for collective bargaining to take place at (…) ». Le corps syndical défendant les employés de cette compagnie avait alors suggéré à la direction de mettre un terme à ces actions tout en lançant un appel « to promote sound and harmonious industrial relations, and to call an urgent meeting to discuss same and other pending issues in relation to the long overdue Procedure Agreement ». Avec les derniers développements survenus dans l’après-midi de vendredi, Ashok Subron conclut que « le management a déclaré la guerre aux travailleurs. Nous lançons donc un appel aux employés du secteur pour qu’ils protestent contre la manière de faire de cette importante compagnie. » Affaire à suivre…