La satisfaction était de mise hier soir au sein du Joint Economic Council. « C’est un budget responsable et assez équilibré », ont fait ressortir les dirigeants des organisations du secteur privé à l’issue d’une session de debriefing à Plantation House après la présentation du budget 2012.
Louis Rivalland, président du Joint Economic Council (JEC), entouré de Raj Makoond, le directeur, des présidents et secrétaires des organisations membres, a d’emblée rappelé que le secteur privé avait réclamé un budget pro-investissement pour redonner confiance aux opérateurs économiques locaux. Cela après avoir tenu compte de la situation économique mondiale difficile, surtout de la crise qui sévit dans la zone euro et qui n’est pas prête à s’estomper, et du manque de visibilité quant à l’évolution future de l’environnement économique global et de la croissance dans nos principaux marchés. « Nous pensons que le budget 2012 va dans la direction que nous recherchons », a commenté M. Rivalland.
Le président du JEC a noté que certaines taxes introduites dans le budget 2011 ont été abolies ; référence a été faite à la taxe de solidarité frappant les intérêts et dividendes et la Capital Gains Tax. Le secteur privé apprécie également l’abolition de la Tenant’s Tax. « De telles mesures ne peuvent qu’encourager l’investissement », a déclaré Louis Rivalland.
Le JEC trouve également favorable le maintien des plans de soutien comme celui de l’Economic Restructuring and Competitiveness Programme pour aider les entreprises à mieux résister à la crise. Ces programmes d’assistance sont maintenant regroupés sous le National Resilience Fund de Rs 7,3 milliards. « Nous estimons que ces mesures seront d’une grande aide pour les entreprises affectées par le contexte économique international difficile », a ajouté Louis Rivalland.
Le JEC est d’avis que les mesures budgétaires concernant les petites et moyennes entreprises vont dans la bonne direction. Ses dirigeants constatent qu’avec le soutien des banques commerciales il sera possible de diminuer le coût de financement des projets. « C’est positif pour l’avenir », a indiqué son président. La réforme annoncée des institutions, plus précisément le retrait du gouvernement de certaines activités commerciales, est de bon augure, ont fait ressortir les dirigeants du JEC. « Nous pensons qu’une telle décision va permettre au secteur public de dégager des ressources financières qui pourront être utilisées pour le développement d’autres secteurs d’activités », a commenté Louis Rivalland.
Le secteur privé a dit son appréciation des mesures concernant l’éducation et la formation, et le développement des infrastructures, dont celles portant sur la connectivité (deuxième câble de fibres optiques à haut débit).
Le JEC regrette toutefois que le budget ne propose pas des mesures plus concrètes pour le secteur énergétique, l’eau et l’accès aérien. « Il nous faut démontrer une capacité à définir une politique d’accès aérien si nous voulons nous positionner comme une plateforme de choix entre l’Asie et l’Afrique. Nous devons nous donner les moyens de nos ambitions », a fait remarquer le président du JEC.
Le secteur privé incite aussi à la prudence concernant l’évolution des fondamentaux macroéconomiques. La dette publique en pourcentage du Produit intérieur brut tourne actuellement autour de 54 % et il faudra faire des efforts pour la réduire. « Pour cela, il sera impérieux de s’assurer que l’argent soit correctement dépensé. On note également que le déficit budgétaire sera maintenu à 3,8 % du PIB et on aura à veiller à ce que le taux n’augmente pas », a déclaré Louis Rivalland.
Dans un autre ordre d’idées, le JEC appelle à une « cohérence entre la politique fiscale et la politique monétaire » et note avec intérêt la décision d’instituer un mécanisme pour déterminer un niveau d’inflation acceptable et sur lequel agira le comité de politique monétaire de la Banque de Maurice pour fixer le taux d’intérêt directeur.
Au plan social, les dirigeants des organisations du secteur privé disent accueillir favorablement les mesures concernant l’éducation et la formation et se réjouissent que le budget 2012 comporte des éléments visant à responsabiliser les citoyens. Les mesures concernant l’assurance-santé, l’ouverture des crèches, les projets en rapport avec la rénovation des écoles vont, selon le JEC, amener les gens à se montrer plus responsables. La création de nouvelles crèches aidera à libérer les femmes qui souhaitent retrouver un emploi.
Concernant les prestations sociales, le JEC est d’avis que le débat doit être lancé pour savoir s’il y a possibilité d’adopter une politique de ciblage. « L’espérance de vie augmente à Maurice. C’est bien mais il faut aussi savoir que cela affecte les finances publiques. Dans le domaine de la santé également il y a un choix à faire », a fait comprendre la direction du JEC.