Alors que les différents secteurs économiques s’affairaient ce matin à évaluer le manque à gagner occasionné par le jour chômé forcé provoqué par le passage de la faible dépression tropicale Edilson, le directeur du Joint Economic Council, Raj Makoond, a souligné la nécessité de revoir les protocoles à être appliqués par le service météorologique pour déclencher le système d’alerte. Pour sa part, le président de la MEXA, Hemraj Ramnial estime que le manque à gagner en ce qui concerne la production industrielle est important. « A cela s’ajoutent les conséquences collatérales dues à la fermeture du port et de l’aéroport », dit-il.
Ce sont visiblement les protocoles du système d’alerte qui sont remis en cause ce matin. « Alors que l’économie devient de plus en plus sophistiquée, il importe que la série de guidelines concernant le système d’alerte soit revue », soutient Raj Makoond. Il estime que les alertes ne se limitent pas aux systèmes dépressionnaires mais également aux tsunamis, aux pluies torrentielles et autres flash floods. Cet avis est partagé par directeur de la Mauritius Employers Federation, Pradeep Dursum, qui tout en reconnaissant la nécessité de ne pas compromettre la sécurité de la population, considère qu’il ne faut pas être alarmiste. « Comment peut-on émettre une classe 3 alors que tout le monde est encore au travail et leur demander de compléter les précautions nécessaires ? » se demande-t-il. « La marche à suivre notamment au niveau du transport public doit être bien définie », a poursuivi M. Dursum.
Selon le directeur de la MEF, le travail a repris normalement dans tous les secteurs de l’économie ce matin. Le taux d’absentéisme n’est pas alarmant. M. Dursum a démenti les allégations à l’effet que des employés aient été forcés de travailler malgré l’émission d’une alerte de classe 3. II a souligné le sens de responsabilité et la maturité observés dans certains secteurs dont celui des TIC où les employés ont repris le travail normalement depuis hier. Il a aussi salué le sens de responsabilités dans le secteur de l’hôtellerie et a reconnu que cela implique un coût financier supplémentaire du fait qu’une allocation doit être payée à ceux qui ont travaillé.
Dans l’ensemble, le directeur de la MEF estime que les entreprises en général sont mieux préparées pour faire face aux catastrophes naturelles comme les cyclones.
Au niveau du secteur industriel, Hemraj Ramnial, président de la MEXA, estime qu’il est trop tôt pour faire une évaluation générale. Il cependant cité le cas de l’entreprise où il travaille qui a enregistré un manque à gagner de l’ordre de Rs 15 à 20 millions. « Nous produisons quotidiennement 50 000 pièces de chemises pour le marché américain et on n’a rien produit dans la journée d’hier », a-t-il expliqué. Le pire, dit-il, est qu’un bateau, le MSC Azov, qui transportait de la matière première pour sa compagnie, a dû quitter la rade d’urgence pour Durban. Il ne sera de retour que le 23 février, ce qui représente un retard de seize jours pour son entreprise de textile ainsi que les autres entreprises concernées. « Afin de rattraper ce retard nous aurons a expédier nos commandes par avion avec les frais supplémentaires que cela comporte », a dit M. Ramnial.
Sur le plan macroéconomique, tenant en compte que le Produit national brut est de Rs 300 milliards, certains économistes dont George Chung estiment les pertes encourues pour l’économie à un milliard de roupies.