Les fédérations syndicales du secteur public contestent énergiquement la décision du gouvernement de réduire le nombre de congés de détente pour les fonctionnaires. Ils ont transmis hier leur objection unanime au ministre de tutelle, Vikram Hurdoyal, après la déclaration du ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn, à l’Assemblée nationale à cet effet.

Les dirigeants syndicaux, présents à la réunion, soutiennent le fait que, par les recommandations du Pay Research Bureau (PRB), les conditions de travail dans le secteur public « ne sont pas les mêmes que celles dans le secteur privé ». Dans une déclaration à l’issue de cette rencontre, le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), Narendranath Gopee, affirme que face à la protestation énergique des dirigeants syndicaux, le ministre de la Fonction publique avance que cette éventualité n’a pas encore été discutée à son niveau et qu’il convoquera d’ici peu une réunion avec eux pour annoncer les derniers développements à ce sujet.

« Pour moi il est clair, une décision qui a été appliquée dans le secteur privé ne peut l’être dans la Fonction publique. C’est cette pandémie qui a forcé les fonctionnaires à rester sur leur choix. Les congés et les Casual Leaves font partie de notre contrat de travail qui a été signé avec l’Etat à travers le PRB. Les fonctionnaires ont droit à 11 jours de congé annuel contrairement aux travailleurs du secteur privé, qui en ont moins. Les onze jours de congé dont nous disposons est à notre discrétion. Nous n’allons pas être d’accord si on vient maintenant enlever cinq jours de ces 11 jours. S’il faut déduire, il faut que ce soit un jour et demi si on applique le principe de proportion », ajoute le président de la FCSOU.
Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSP), insiste sur le fait que les changements dans des conditions de service doivent faire l’objet des discussions, car ils sont régis par le PRB. « Il faut savoir que chaque fonctionnaire a signé un Option Form stipulant son contrat de travail. Personne ne peut le changer sans l’autorisation de la personne. Le ministre est tombé d’accord sur le principe de discussions avec les syndicats », dit-il.
Plusieurs autres sujets ont été abordés lors de cette réunion, dont la nécessité pour l’Etat de mettre à la disposition des fonctionnaires des masques, de placarder des affiches sur des mesures préventives, l’abandon de l’Electronic Attendance System, aussi bien que le Flexi Time pour la reprise du travail avec la fin du couvre-feu sanitaire.
Au sujet du Work From Home, le ministre Hurdoyal a confirmé que le projet sera sur une base pilote pour trois mois. Rashid Imrith ajoute que le gouvernement doit préciser ses intentions au sujet des dépenses inhérentes et la logistique nécessaire. « Durant la période de confinement, beaucoup de fonctionnaires ont travaillé à domicile. Nous avons demandé que les fonctionnaires viennent au bureau pendant deux heures seulement et ensuite ils pourront compléter le travail à la maison. Cela résoudra le problème de transport », dit-il. Et d’ajouter qu’il faut se servir du lockdown relevant de la COVID-19 pour accéder à un nouveau pallier dans le processus de transformation de la fonction publique.