Le nom de Bijaye Kumar Appanah, prédécesseur de M. Aujayeb, est proposé par les syndicats, dont la Government Teachers’ Union (GTU), regroupant les instituteurs du primaire. Mais une indication plus grave de la situation compromettante du directeur du PRB reste le désaveu du conseil des ministres d’hier à la proposition initiale à l’effet que le rapport sur les anomalies salariales soit soumis dans un an. La nouvelle prônant un calendrier plus serré, évoqué par Le Mauricien dans l’édition de jeudi, a été confirmée lors des délibérations du conseil des ministres.
Dès ce week-end, l’enjeu des anomalies salariales revêtira une double importance, notamment le sort qui pourrait être réservé à l’actuel directeur du PRB, auteur des recommandations salariales controversées et l’envergure financière de l’exercice des « Errors and Omissions » compte tenu de la grogne et de la mobilisation qui se prépare à presque tous les échelons de fonction publique.
Le directeur du PRB a déjà essuyé un premier sérieux revers aux mains du gouvernement. Dans son rapport officiel, le PRB s’était donné initialement une période de douze mois pour conclure les consultations sur les « Errors and Omissions » et pour soumettre le rapport relatif au gouvernement. Or, le conseil des ministres d’hier, sur instruction du Premier ministre Navin Ramgoolam, avant son départ, jeudi, pour le sommet de la Francophonie, a entériné la décision que l’étape de correction des anomalies salariales post-PRB dans la fonction publique interviendra plus tôt que comme recommandé par Mohun Aujayeb.
Le programme de travail décidé par le gouvernement est très serré. Le délai pour la soumission des contestations et des objections a été soumis au 30 novembre et les recommandations devront être soumises au gouvernement le 28 février de l’année prochaine au lieu d’octobre 2013, comme l’avait recommandé Mohun Aujayeb.
Toutefois, la véritable question encore en suspens est de déterminer qui se verra confier la tâche de corriger les anomalies du PRB. Une quasi-certitude, qui se confirme de jour en jour, tourne autour du limogeage de l’actuel directeur du PRB, qui a déjà bénéficié d’une extension de six mois au-delà de l’âge de la retraite en août dernier en vue de compléter le rapport rendu public pardi. Il n’y a pas un syndicat de la fonction publique qui entretient l’idée de voir Mohun Aujayeb entamer le rapport des Errors and Omissions.
Des fédérations syndicales, comme la Fédération des Syndicats du Service Civil, sont venues de l’avant avec la proposition de nommer un commissaire salarial étranger indépendant pour réviser les recommandations salariales, comme ce fut le cas avec le commissaire Donald Chesworth dans les années 80. D’autres syndicats, comme la Government Teachers Union (GTU), proposent le recrutement immédiat sur contrat du précédent directeur du PRB, Bijaye Kumar Appanah, pour corriger les anomalies salariales.
Tour semble indiquer que la mobilisation anti-PRB au sein de la fonction publique devra gagner en intensité dans les jours à venir, avec la Nursing Association se jetant dans la bataille dès lundi, et la GTU préférant attendre la fin des examens du Certificate of Primary Education la semaine prochaine pour initier une campagne de mobilisation sous le signe d’un front commun syndical dans l’éducation primaire avec une première marche de protestation annoncée pour le samedi 27 à Port-Louis et un meeting au Jardin de la Compagnie.
Dépendant de l’évolution de la contestation, le gouvernement pourrait être appelé à abonder dans le sens des syndicats avec le remplacement du directeur du PRB dans une tentative de calmer la tension sur le plan socio-économique dans un contexte budgétaire suivi d’une campagne pour les élections municipales prévues pour la fin de cette année…