Avec la date butoir du 29 mars, soit dans 24 heures, pour la soumission du rapport sur les anomalies du rapport salarial du Pay Research Bureau, les membres de la commission Manraj mettent actuellement la dernière main à la version originale à être remise au gouvernement. En cette fin de semaine, très peu d’indications ont transpiré quant à la possibilité que les principales recommandations de l’Omission and Anomalies Commission soient avalisées lors des délibérations du conseil des ministres de demain. La principale question préoccupant les salariés du secteur public et des syndicats de la fonction publique porte sur le quantum de la révision salariale proposée par la commission Manraj pour corriger les anomalies du rapport Aujayeb de l’année dernière.
Des recoupements d’informations effectuées auprès des sources fiables et concordantes avancent qu’il faudra s’attendre à un coût représentant un financement additionnel de l’ordre de 15 % sur le budget de Rs 4,7 milliards avec la mise à exécution du précédent rapport du PRB à partir du 1er janvier dernier. Avec l’adoption des propositions du rapport Manraj, le gouvernement devra trouver une somme supplémentaire de l’ordre de Rs 800 millions si le quantum est confirmé, soit un coût global supérieur à Rs 5,5 milliards pour les deux rapports.
Les responsables des différentes fédérations syndicales de la fonction publique et des corps para-étatiques misent sur une révision salariale minimale de Rs 2 000 pour les employés au bas de l’échelle dans une tentative de rattrapage sur les hauts salaires. Outre la dimension purement monétaire, le rapport Manraj pourra également se pencher sur le volet de Fringe Benefits, dont une formule de compensation en faveur des fonctionnaires pour les congés non-pris aussi bien que d’autres Schemes.
Du côté de la commission Manraj, on laisse entendre que le coût de financement de l’adoption du rapport sur les anomalies a déjà fait l’objet de discussions au plus haut niveau avec le ministère des Finances. Mais d’autres sources indiquent que la Date of Implementation du rapport sur les Omissions and Anomalies pourrait représenter une surprise pour les fonctionnaires et employés des services parapublics.
La date de l’entrée en vigueur des recommandations de révision salariale pourrait être fixée au 1er janvier 2014 au lieu du 1er janvier dernier, soit avec un décalage d’une année. Cette éventualité est au centre des discussions entre le ministère des Finances et la commission depuis quelques jours précédant la soumission du rapport au gouvernement.
Ceux qui préconisent la date du 1er janvier 2014 rappellent que le présent budget du gouvernement n’a fait aucune provision supplémentaire pour le financement du rapport Manraj, soit Rs 800 millions. De ce fait, le ministère des Finances devra s’engager dans un vaste exercice de réallocation de fonds dans le budget de cette année et qu’il serait préférable de « postpone » le paiement de la correction des anomalies au prochain budget de novembre. Ils se joignent également à la thèse défendue depuis la fin de l’année dernière par la Banque de Maurice, qui réitère le fait que le paiement du PRB aux fonctionnaires constitue un des principaux facteurs alimentant la reprise de l’inflation à Maurice.
Dans les rangs des syndicats, l’on préfère attendre la publication officielle du rapport Manraj sur les anomalies avant de faire des commentaires au sujet de cette éventuelle Date of Implementation. Le principal argument avancé par les syndicalistes est que la mise sur pied de l’Omission and Anomalies Commission est « une promesse du Premier ministre après les protestations contre le rapport du PRB ». Ils ajoutent que « la correction des anomalies doit intervenir au moment où les recommandations initiales ont été adoptées et non avec un décalage dans le temps ».
À l’hôtel du gouvernement, en cette fin de semaine, l’on se garde de s’aventurer de commenter les recommandations du rapport Manraj, que ce soit en termes de coûts ou d’Implementation Date sans avoir pris connaissance de la teneur du rapport qui sera présenté incessamment au gouvernement en vue d’être adopté.