Lors des délibérations d’hier du conseil des ministres, la décision a été prise de convoquer une réunion spéciale de cette instance constitutionnelle pour lundi après-midi en vue de se prononcer sur le rapport Manraj au sujet des Errors and Omissions du Pay Research Bureau (PRB). Avec ce nouveau report dans la publication des recommandations de l’Errors and Anomalies Commission, présidée par Dev Manraj, Senior Adviser au Prime Minister’s Office (PMO), le président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), Rashid Imrith, mène depuis hier après-midi une grève de la faim, qui devra durer jusqu’au plus tôt lundi après-midi. Rashid Imrith a été rejoint au Registrar General’s Building en début de soirée d’hier par Leckraj Imrith, le président de la Health Workers’Union, et Amarjeet Seetohul, également représentant syndical au ministère de la Santé.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent qu’au moment d’aborder le rapport Manraj, dont le poids pour la mise à exécution des recommandations dans le secteur public est de Rs 900 millions, une demande pour un renvoi avait été formulée par des Cabinet Ministers. La décision de convoquer une réunion spéciale du conseil des ministres pour lundi après-midi fut agréée unanimement.
Du côté du mouvement syndical dans le secteur public, la déception est grande devant ce nouveau renvoi de la publication du rapport Manraj, la troisième de la série. Ainsi, malgré une tentative de dernière heure du ministre de la Fonction publique, Sutyadeo Moutia, de convaincre le président de la FSSP de geler sa décision pour une grève de la faim, ce dernier devait mettre à exécution son projet.
« Alors que les préparatifs pour la grève de la faim avaient été bouclés, j’ai reçu un message du ministre de la Fonction publique pour une rencontre à son bureau vendredi après-midi. Je ne sais nullement de quoi il voulait s’entretenir avec moi. Mais je lui ai fait comprendre que j’étais sur le point de déclencher mon action syndicale et qu’il allait être extrêmement difficile de me déplacer à son bureau », a fait comprendre Rashid Imrith au Mauricien.
« Jeudi, j’avais une première fois repoussé de 24 heures mon action dans l’espoir que le bon sens allait prévaloir au sein du gouvernement. Il faut tenir en ligne de compte que le rapport sur les anomalies du PRB a été soumis au gouvernement depuis bientôt cinq semaines. Contrairement à la pratique, ce rapport, qui n’a pas été rendu public, s’est retrouvé aux Finances pour des raisons que nous ignorons alors que dans ce genre de situation, la souveraineté du conseil des ministres aurait dû primer », déclare le président de la FSSP.
« Je vais de l’avant avec cette grève de la faim pour une question de principe. Quasiment au lendemain du rapport du PRB, soit le 26 octobre de l’année dernière, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait convoqué les syndicalistes du secteur public, pour des échanges et avait proposé le nom de Dev Manraj pour présider l’Anomalies Committee. Le travail a été fait et nous pensons qu’il ne sera justice qu’aux efforts du comité Manraj que le rapport soit rendu public dans son intégralité. Nous sommes en faveur du dialogue et nous avons invité le Premier ministre à cet exercice de dialogue avec une lettre en date du 10 mai, qui est restée sans réponse. Nous n’avons d’autre choix que d’aller de l’avant dans notre projet », poursuit le syndicaliste assis sur une natte au rez-de-chaussée du Registrar General’s Building.
Parmi les syndicalistes, qui ont apporté leur soutien à Rashid Imrith depuis hier après-midi l’on retrouve Narainduth Gopee, président de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), et d’autres membres de la FSSC présents sur les lieux. Le gréviste de la faim a également reçu des messages d’encouragement d’autres syndicalistes, dont Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union, de Reaz Chuttoo de la Confédération des Syndicats du Secteur Privé (CTSP), de JNP-GWF et de Rezistans ek Alternativ.