La mobilisation syndicale, animée par la plate-forme commune menée par la Fédération des Syndicats du Service Civil, contre les recommandations du Pay Research Bureau (PRB), se poursuit. Toutefois, les dirigeants syndicaux se gardent de franchir le pas pour demander à leurs membres de brûler le rapport Aujayeb comme l’ont fait le week-end dernier des syndicalistes à Rodrigues ou encore les dirigeants de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), hier, à Rose-Hill. Les délégués des syndicats faisant partie de cette plate-forme ont voté des résolutions, dont le report de l’échéance pour la signature de l’Option Form, la mise sur pied d’une Anomalies Commission et la révocation de Mohun Parsad Aujayeb en tant que directeur du PRB. Néanmoins, les syndicalistes se disent prêts à descendre dans la rue au cas où leurs revendications ne sont pas satisfaites.
De gros espoirs en vue de désamorcer la fronde anti-PRB sont placés sur une éventuelle rencontre avec le PM, en vue de lui présenter les manquements majeurs du rapport du PRB. Lors d’une rencontre, jeudi, avec le secrétaire au Cabinet et chef du service Civil, Suresh Seeballuck, les dirigeants syndicaux ont sollicité un rendez-vous avec le chef du gouvernement dès son retour au pays. Ils s’attendent à être reçus au Prime Minister’s Office, mercredi prochain.
Mais jusqu’ici, très peu d’indications sont disponibles susceptibles de confirmer si le souhait des syndicalistes sera exaucé. A leur grande déception, une éventuelle option pourrait être que tout le dossier soit traité au niveau du ministre de tutelle, soit celui de la Fonction publique, Suttyhudeo Moutia. A l’Hôtel du gouvernement, l’on soutient que la roadmap de l’après-PRB a déjà été élaborée avec le calendrier de travail expirant le 28 février 2013 pour la publication du rapport consacré aux Errors and Omissions.
Les syndicalistes de la plate-forme commune ne l’entendent pas de cette oreille car l’une des résolutions votées à mains levées, hier, au Centre Social Marie Reine de la Paix, conteste l’instance des Errors and Omissions privilégiant une Anomalies Commission avec un commissaire indépendant à la place.
Au chapitre de l’Option Form, le mot d’ordre de la plate-forme syndicale aux fonctionnaires est qu’il n’y a aucune urgence de signer ce formulaire car la date limite est pour le 5 novembre. Les dirigeants syndicaux, qui réclament une extension de cette date, dénoncent des pressions exercées sur des fonctionnaires pour signer les Opton Forms avant le 31 octobre.
« Attan nou fini négosyé avek guvernmen. Fodé pa pressé pou sign Option Form. Kifer bizin galupe? Kifer bizin attas ou lame? », s’est demandé Radhakrishna Sadien, président de la Government Services Employees Association.
Naraidranath Gopee, président de la FSSC, qui s’est déclaré déterminé « à jouer la carte des élections pour obtenir satisfaction », a tiré à boulets rouges sur le directeur du PRB, dont le limogeage est réclamé. « Missié Aujayeb ine ferme li dan son biro. Line mette à lékar so bann kad et avec kat dimounes, li ine ékrir la pire katastrof de listwar du PRB. Mem so Deputy Director pa ti konné ki éna dan rapor », a-t-il déclaré en substance.
Contrairement au président de la FSSC, qui a critiqué des syndicalistes de la fonction publique ayant opté pour d’autres stratégies de revendications, le syndicaliste Deepak Benydin, président de la Fédération des Syndicats des Corps Constitués (FSCC), a fait un appel à l’unité syndicale dans la conjoncture en souhaitant voir Rashid Imrith et Yayha Parouty rejoindre la plate-forme.
Pour sa part, le syndicaliste Pottaya Kuppan a apporté son grain de sel à la mobilisation en déclarant que « taler suku suku, minis pu gagn par Rs 40 000 ek Rs 50 000 ogmantasyon e zot pa intéressé avek ou PRB ». Il a avancé que les salariés doivent se mobiliser pour corriger l’injustice commise par le rapport Aujayeb.