L’African Cotton and Textile Industries Federation (ACTIF), qui regroupe des associations de producteurs textiles d’une vingtaine de pays africains et dont la Mauritius Export Association (MEXA) occupe la vice-présidence, envisage de faire pression, lors du prochain forum de l’African Growth and Opportunity act (AGOA), prévu du 9 au 13 août prochain à Addis Abeba, pour que ce texte de loi soit étendu pour un minimum de dix ans après son expiration, en septembre 2015. L’ACTIF demandera également à l’administration et au Congrès américains de considérer l’extension de la dérogation de la « Third Country Fabric » pour une période semblable à la loi-cadre.
Les membres de l’ACTIF se sont réunis en mai dernier pour élaborer la stratégie que la fédération devra adopter lors du prochain forum de l’AGOA. Selon les premières recommandations adoptées lors de cette réunion, la fédération sollicitera le Congrès américain pour un prompt renouvellement de l’AGOA pour une période d’au moins dix ans et pour que ce renouvellement soit décidé bien avant la date butoir du 30 septembre 2015, afin d’éviter l’instabilité, les problèmes économiques et autres pertes d’emploi inhérents à toute situation de renouvellement de dernière minute. Dans les milieux de l’ACTIF, on fait ressortir que, depuis sa mise en route en 2000, l’AGOA a donné une nouvelle impulsion économique à l’Afrique tout en contribuant à la réduction de la pauvreté. Cependant, souligne-t-on, l’AGOA n’a pas permis de réaliser tout ce que les concepteurs de ce texte de loi recherchaient dès le départ, du fait que des renouvellements sont intervenus pour des périodes relativement courtes depuis 2000.
« Ces séries de renouvellement à court terme ont effrayé les investisseurs et ont en outre augmenté les risques d’investissements déjà inhérentes à l’Afrique », indiquent des dirigeants de l’ACTIF. Ces derniers estiment que les investisseurs ont besoin « at least a ten-year horizon » pour amortir des investissements conséquents dans un nouveau projet d’industrie textile. L’ACTIF appelle donc les autorités américaines à considérer une extention de l’AGOA sur une longue période de pas moins de dix ans afin de permettre à l’Afrique d’attirer des investissements majeurs dans le secteur du textile et de l’habillement.
Les producteurs textiles africains font aussi remarquer que plus de 95% des importations textiles américaines sous l’AGOA sont concernées par la dérogation offerte par la « Third Country Fabric ». Celle-ci permet à un fabricant, afin d’importer ses matières d’un pays tiers, de les transformer pour ensuite exporter le produit fini vers les États-Unis tout en bénéficiant d’une exemption de droits de douane. Du fait que les acheteurs américains ont pour habitude de proposer les types de fils et tissus à être utilisés pour la production de vêtements par le fabricant africain, il est important, soutient l’ACTIF, que les matières premières spécifiques puissent être sélectionnées à l’avance afin de satisfaire les commandes américaines. Tout en réclamant que l’AGOA puisse permettre aux producteurs africains d’avoir recours à des matières premières provenant de pays tiers, l’ACTIF suggère que la « third country fabric provision be extended for the full term of the renewal of AGOA ».