(Photo d'illustration)
  • Le tandem BDO Ebrahim/Chung compte lancer une “Expression of Interest” pour confirmer les premiers contacts en vue d’une reprise par un autre groupe
  • Un à-valoir de Rs 15 millions nécessaires pour assurer les salaires de juillet et d’août du personnel et assurer la production
  • Les conditions d’hébergement de la main-d’œuvre étrangère de Tara Group dénoncées au ministère du Travail

Avec un à-valoir de l’ordre de Rs 15 millions recherchées par les administrateurs du groupe BDO, Afsar Ebrahim et Georges Chung, en vue d’assurer les salaires de juillet et d’août en souffrance, une autre étape plus délicate est envisagée pour renflouer Tara Group en “voluntary administration” depuis mercredi dernier. En effet, des contacts et des procédures ont été enclenchés en vue d’un “takeover” sur la base d’un “going concern” des unités de textile de Tara Group, en l’occurrence Tara Knitwear et Rossana Textiles Ltd. La condition sine qua non demeure la garantie d’emploi pour les 550 ouvriers, dont la main-d’œuvre étrangère actuellement en poste.

Dans l’immédiat, la préoccupation majeure des administrateurs de Tara Group est le versement des salaires des employés pour les mois de juillet et d’août pour ne pas interrompre la chaîne de production des différentes unités. Après un constat en fin de semaine, une somme de Rs 15 millions devait être mise à la disposition des administrateurs pour les salaires des employés, excluant les cadres du groupe, dont Rs 3 millions pour les besoins de “critical payments to continue production”.

Dans le cadre de cet exercice, un “cash-flow” a été établi jusqu’à à la fin de cette année en vue de justifier cette avance de Rs 15 millions. Force est de constater qu’en vertu de l’article 223 de l’Insolvency Act, « the administrators will be personnaly liable for expenses and salary payments and that, as from the date of administration, any funds received will be used to settle debts raised post administration »

En parallèle, des contacts ont été approfondis avec des clients potentiels étrangers de Tara Group, dont ASOS et Super Blanc pour ce qui est des contrats. L’Economic Development Board déploie également des efforts pour négocier des contrats d’exécution des travaux à l’usine. Une fois la production stabilisée au sein du groupe, Afsar Ebrahim et Georges Chung du groupe BDA prévoient de lancer un exercice d’“Expression of Interest” pour une reprise des activités par un autre groupe. Mais une condition doit être respectée, à savoir que « all employees will have to be taken on board by the new venture ».

Dans les milieux proches des administrateurs de Tara Group, l’on se dit confiant de pouvoir mener à terme cette étape de “takeover” en sauvegardant les emplois existants car il y aurait déjà au moins une offre intéressante sous la main. L’“Expression of Interest” en préparation devra confirmer d’autant plus que l’Economic Development Board et l’ISP Ltd, qui a avancé les Rs 15 millions, ont aussi identifié d’éventuels repreneurs.

Par ailleurs, dans un autre ordre d’idées, les conditions d’hébergement de la main-d’œuvre étrangère par Tara Group font l’objet de dénonciations au ministère du Travail et des Relations industrielles. Chambres exiguës, couvertures faisant office de portes d’entrée, manque d’aération, draps pour délimiter les chambres et plusieurs travailleurs dormant côte à côte dans une même chambre. Telles sont les conditions dans lesquelles sont hébergés les ouvriers bangladeshis de l’unité de textile de Nouvelle-France, Tara Knitwear Ltd. Face à ces conditions « qualifiées d’inhumaines », le négociateur de ces ouvriers, Fayzal Ally Beegun, a signifié son intention de porter plainte ce lundi au Dormitory Board meeting du ministère du Travail et des Relations industrielles.

« J’ai eu l’occasion de visiter le dortoir de ces ouvriers durant la semaine écoulée et je peux dire que ce n’est pas du tout beau à voir. Ils dorment à cet endroit dans des conditions inhumaines. Il y a un manque d’aération et pas d’espace pour circuler dans les chambres. Plusieurs d’entre eux dorment dans une seule chambre », a déclaré le syndicaliste. Pour faire état de cette situation auprès du ministère du Travail et des Relations industrielles, le syndicaliste a affirmé qu’il a réalisé une vidéo pour montrer les conditions dans lesquelles ils sont en train de vivre à Maurice.

« Il est chagrinant de constater que d’un côté, ils ne perçoivent pas de salaire en ce moment et que d’autre part ils sont appelés à travailler quand même pour honorer les commandes », a-t-il mis en exergue. Et de poursuivre : « Certains ont refusé de travailler durant la semaine en raison de ces conditions précaires. Moi de mon côté, j’ai informé le ministère du Travail de la situation qui prévaut l’usine ». Le négociateur Beegun a évoqué la question avec Afzar Ebrahim, en fin de semaine. « Il m’a dit qu’il va y mettre bon ordre jusqu’à ce qu’on trouve un acquéreur pour cette unité ».

Lors de sa rencontre avec les responsables du dossier lundi, le syndicaliste compte demander au ministère comment des permis ont été accordés pour que les travailleurs bangladeshis puissent être hébergés dans de telles conditions. « Il faut savoir qu’il n’y a pas moins de 145 ouvriers bangladeshis qui sont ainsi hébergés à Nouvelle-France. L’unité de textile de Nouvelle-France emploie également 120 travailleurs mauriciens, 45 ouvriers malgaches et trois ouvriers indiens. La deuxième unité de Tara Knitwear Ltd, qui se trouve à Plaine-Lauzun, emploie 400 ouvriers bangladeshis et une cinquantaine de travailleurs mauriciens. »