La Hotels and Restaurants Employees Union (HREU) a réuni la presse la semaine dernière pour présenter son analyse du secteur touristique et faire part de plusieurs propositions pour contourner ses problèmes.
Pour Jack Bizlall, représentant de la HREU, le tourisme à Maurice passe par une « période d’incertitude et d’anarchie », avec des facteurs exogènes tels que la crise économique mondiale et les bouleversements politiques dans certains pays. « Le taux de croissance économique dans les pays développés est tel que la classe moyenne ne voyage plus aussi souvent que par le passé ou sinon elle va dans des pays plus proches comme ceux d’Amérique et d’Europe », avance-t-il. « La situation politique au Maghreb, elle, a conduit à une baisse conséquente des prix dans le secteur touristique, rendant cette destination beaucoup plus accessible que Maurice. Et passer des vacances en Méditerranée est tout aussi agréable que dans les pays tropicaux à cause des changements climatiques. Par ailleurs, la dépréciation de l’euro affecte les revenus du tourisme négativement ».
Toutefois, il ne faut pas négliger les facteurs internes comme l’augmentation du nombre d’auberges, d’hôtels trois étoiles ou de chambres dans les hôtels, insiste Jack Bizlall. « Tout cela est fait de façon anarchique et cela bouleverse le secteur du tourisme en obligeant les hôtels cinq-étoiles à casser les prix pour rester compétitifs. Me gouvernma get sa sekter-la dan enn fason amater, nou nepli kapav less le soz dezenere koumsa. Jusqu’à l’heure, Air Mauritius n’a pas réorienté ses opérations. Rezman, nou pe trouve ki nombre tourist ki sorti la Russie, l’Inde ek la Chine, c’est-à-dire bann pays du BRIC, pe ogmante ».
Dans une lettre au ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen, au ministre des Finances Xavier-Luc Duval et au Premier ministre Navin Ramgoolam, la HREU demande un audit du secteur touristique et hôtelier à Maurice, afin d’analyser le marché du tourisme, son développement ainsi que l’impact sur la vie des Mauriciens, et surtout le sort des employés de ce secteur. Toutes les demandes depuis 2008 auprès des hôtels pour qu’ils augmentent les salaires des employés ont été vaines, déplore le syndicat : « Zot tou koz mem langaz, zot dir zot situation précaire e ena mem certain lotel ki pe menace redwir zot efektif. »
Jack Bizlall relève que « nou entendons deux sons de cloche » : d’un côté, le gouvernement assure que le nombre de touristes augmente et exprime sa satisfaction de cette progression, de l’autre, les opérateurs peignent un portrait négatif de la situation actuelle. Pour la HREU, « rezim ki gouvernman inn met an plas less sistem la oper dan enn kadr liberal e li mem li ena sa konportman de laissez faire la. Nou pa trouv ki gouvernman actuel pe pran dispozision neseser pou sanz le soz ».
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