Une conférence visant à introduire l’agriculture yogique, un concept qui met en exergue le pouvoir de la pensée et les pratiques méditatives tout au long du cycle de la production agricole, a eu lieu cette semaine à la Global Peace House, siège des Brahma Kumaris à Khoyratty, dans le cadre de la recherche d’une nouvelle perspective de l’agriculture. Elle était organisée par Youth for a Better World Club (YBWC), en collaboration avec l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU).
Le concept de l’agriculture yogique (Yogic Farming) comme méthode additionnelle à l’agriculture organique a été présenté par Vikram Dookna. Il met l’accent sur le pouvoir de la pensée positive à chaque étape du cycle de production : de la semence des graines à la récolte.
« S’il est bien connu que nos pensées sont responsables des maladies psychosomatiques, ne peuvent-elles pas avoir une influence sur les cinq éléments de la nature, dont notre corps est composé, sur les plantes et sur les micro-organismes utiles de la terre ? » se demande M. Dookna.
La coordinatrice de la Global Peace House, Sister Gaitree, qui a élaboré sur l’importance de la pensée positive, a préconisé un retour à la source. « Nous avons transgressé les lois de la nature par nos activités et avons ainsi dérangé l’écologie. Nous devons faire un retour vers la nature et activer les valeurs spirituelles qui influent nos pensées, nos sentiments, notre attitude et nos activités », a-t-elle déclaré.
Sister Gaitree a dit que des agriculteurs indiens bénéficient de l’enseignement des Brahma Kumaris dans la préparation du sol, de la semence jusqu’à la récolte. Les Brahma Kumaris comptent, dans un proche avenir, faire venir des experts indiens afin d’en faire bénéficier les agriculteurs mauriciens.
D’autres intervenants ont parlé de l’usage abusif des produits chimiques qui ont un effet néfaste sur la production agricole. Le représentant de l’AREU, Krishna Ramsamy, a soutenu que le gouvernement veut atteindre l’autosuffisance alimentaire tout en introduisant de nouvelles méthodes de production qui ne détruiraient pas l’environnement. Le Dr Kevin Jeeneea a axé son intervention sur les effets néfastes des pesticides sur la santé humaine. Le directeur d’Animaterra Co. Ltée, Guillaume Maurel, a parlé de la surexploitation des terres agricoles pour les besoins industriels avec pour résultat que l’utilisation abondante des produits chimiques a diminué la fertilité du sol d’année en année. Le conseiller au ministère de l’Agro-industrie, Tunraz Rampall, a soutenu avoir constaté que les producteurs sont souvent tributaires des consommateurs qui ont tendance à acheter des produits joliment présentés et de grosse taille alors qu’ils sont plus toxiques et moins nutritifs que ceux de petite taille et moins jolis. D’où la nécessité de sensibiliser les consommateurs.