Augmenter le nombre d’éleveurs et la production laitière, qui sont très faibles à Maurice, telle est la démarche du ministre du Business, des Entreprises et des Coopératives. Sunil Bholah a ainsi engagé un expert indien dans le domaine, le Professeur Jabir Ali, de l’Indian Instiute of Management de Lucknow, Inde, pour mener une étude dans ce sens. « Nous voulons relancer ce secteur en vue de réduire notre dépendance sur le lait et les produits laitiers importés, au coût de Rs 3 milliards annuellement », a déclaré le ministre, lors d’une conférence de presse hier après-midi.
Sunil Bholah a d’emblée fait l’historique du mouvement coopératif, qui existe à Maurice depuis plus d’un siècle. Il compte aujourd’hui un millier de sociétés avec environ 85 000 membres engagés dans une trentaine d’activités économiques différentes. Leur chiffre d’affaires dépasse les Rs 5,5 milliards annuellement. Mais, fait-il ressortir, « malgré le progrès accompli par ce mouvement, certaines sociétés continuent d’opérer de manière traditionnelle ». « Elles n’ont pas modernisé leurs activités et leurs opérations, d’où une faible productivité et de faibles revenus. Il est donc primordial pour les sociétés de moderniser leurs activités, de devenir plus efficientes et productives et d’adopter une nouvelle manière de mener leur business ».
Selon Sunil Bholah, une des activités à être consolidée « de manière urgente » dans le mouvement coopératif est la production laitière, « vu son importance dans la sécurité alimentaire ». « La production laitière s’est retrouvée au fil des ans en difficulté à cause de la perte de sa main-d’oeuvre au bénéfice du secteur industriel, la diversification de l’économie vers d’autres secteurs tels le textile et le tourisme, l’urbanisation, les lois environnementales strictes, la hausse des coûts de production, le manque d’espace pour augmenter le cheptel et une augmentation du niveau d’éducation des Mauriciens ».
Citant des chiffres, le ministre a indiqué que Maurice compte aujourd’hui environ 25 sociétés engagées dans la production laitière, avec un cheptel d’environ 2 300 vaches élevées, pour la plupart, de manière traditionnelle. Le nombre d’éleveurs est, lui, passé de 9 275 en 1983 à 1 957 en 2004 et à 872 en 2013. Quant à la production laitière annuelle, elle a chuté drastiquement de 13,5 millions de litres en 1989 à 6,3 millions de litres en 2013 alors que la demande en lait et en produits laitiers continue d’augmenter.
C’est en raison de cette difficulté que lors d’un récent voyage en Inde, Sunil Bholah a sollicité l’aide de l’African Asian Rural Development Organisation (AARDO) en vue de mener une étude pour restructurer et consolider ce secteur. D’où le séjour à Maurice, du 28 avril au 21 mai 2016, du Prof Jabir Ali qui, dit le ministre, va revoir toute la structure des coopératives de production de lait, identifier les perspectives à court terme et dans le long terme, concevoir et formuler des projets destinés au développement de ce secteur et aider à trouver des aides technique et financière pour l’implémentation des projets et si besoin est, organiser des sessions de formation pour les éleveurs et leurs travailleurs.