Le président du National Economic Social Council (NESC), Radhakrishna Sadien, dit ne détenir aucune solution magique à la question de souveraineté alimentaire qui affecte Maurice plus que la sécurité alimentaire. C’était en réponse hier à une question du Mauricien lors de la présentation à la presse du rapport de son organisation sur la sécurité alimentaire. « Nous donnons des pistes ; au tour des autres institutions maintenant de poursuivre les actions », a-t-il soutenu.
M. Sadien a déclaré que les sujets sur lesquels travaille le NESC émanent de plusieurs parties qui, après discussions, lui donnent son mandat. « Si nous prenons un sujet trop vaste, nous n’allons pas sortir un rapport à temps. Il n’est pas possible pour nous d’entrer dans toutes les dimensions du sujet. Nous nous limitons aux défis que nous estimons pouvoir relever », a-t-il fait ressortir.
Au sujet de l’implémentation des recommandations de ce rapport, le président du NESC a soutenu que le rôle de ce dernier est de travailler et rendre publiques et aussi en informer le conseil des ministres de ses recommandations. « Il y a des mesures à prendre, certes, mais c’est aux autres institutions d’identifier les mesures qui les intéressent et de prendre les actions appropriées. Si chacune de nos institutions identifiait et travaillait ne serait-ce qu’une de nos recommandations, nou pou al tre lwin », a estimé M. Sadien. Il a ajouté que le NESC montre la voie mais ne peut prendre, lui-même, les mesures.
À d’autres questions, Lall Dewnath, membre de la Commission, a rappelé qu’« historiquement et traditionnellement », les établissements sucriers exploitaient les entre-lignes de la canne en cultivant du maïs, de la pomme de terre et des pistaches, et pratiquaient aussi l’élevage bovin et produisaient du lait frais. « Ils le font très peu maintenant en raison du coût élevé de production », a-t-il fait ressortir. Selon lui, les établissements sucriers transforment aussi leurs terres agricoles en des projets immobiliers tels que l’Integrated Resort Scheme (IRS) ou font construire des bâtiments commerciaux sur ces terres.
Auparavant, M. Sadien a rappelé que la sécurité alimentaire est une préoccupation nationale et internationale, surtout depuis la crise alimentaire en 2008. Le changement climatique, dit-il, a aggravé davantage la situation. « Valeur du jour, nous importons pour plus de Rs 30 milliards de produits alimentaires, dont des produits laitiers d’une valeur de Rs 3 milliards. C’est énorme lorsque nous constatons que nous importons plus de 75 % de nos besoins alimentaires », a-t-il laissé entendre.
Au chapitre des mesures à prendre pour améliorer notre sécurité alimentaire, le NESC estime qu’il faut utiliser les terres au maximum, étant donnée qu’elles sont limitées. Il préconise de mettre en place un Mauritius Food Crop Research Institute ; encourager la production agricole sur chaque portion de terre, même si c’est un jardin potager ; ne pas négliger les îles d’Agalega et de Rodrigues ; mettre en place un National Milk Advisory Board ; le retour du bâtiment de l’Agricultural Marketing Board (AMB) situé à Cluny aux producteurs pour qu’ils l’utilisent pour stocker leurs produits ; encourager les jeunes à la production agricole et aussi prendre avantage des facilités de production offertes dans les pays de la région, dont le Mozambique.