Le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA), soutenu par l’Outer-Islands Development Corporation (OIDC), lance bientôt un projet de culture de légumes au bénéfice d’une vingtaine de familles vivant à Agalega. Des équipements leur ont déjà été envoyés en vue de la préparation des terres, les semences suivront sous peu et le travail pourra commencer dès mars prochain.
Eric Mangar, manager du MAA, souligne que les Agaléens  reçoivent la visite du bateau d’approvisionnement une fois tous les quatre mois. Ce qui explique le manque aigu de produits agricoles dans l’île. «Lorsque le bateau arrive, il y a des légumes pendant une courte période de temps, puis plus rien. Ce qui amène une grave carence en vitamines et en fibres au sein de la petite communauté de Mauriciens qui y habitent. Qui plus est, les rares légumes se vendent très cher, à l’exemple du petit piment à Rs 2 l’unité», fait-il ressortir. Durant sa dernière visite dans l’île l’année dernière, il dit avoir étudié plusieurs aspects de la production agricole dans l’île – la terre, l’eau et le climat. «J’ai constaté que les cocotiers donnent un bon compost qu’on n’utilise jamais dans l’île. L’élevage des poules et des moutons donne aussi du bon fumier. La terre est sablonneuse mais bonne en matières organiques. L’eau est abondante avec une pluviométrie annuelle de 1 600 mm», déclare notre interlocuteur.
En attendant que le prochain bateau leur apporte des semences, des bio-fertilisants et autres bio-insecticides, vers la fin de février prochain, les familles concernées préparent actuellement leurs terres d’une superficie de 400 pieds carrés. «Nous allons prôner une agriculture biologique, le but étant de ne pas utiliser de produits chimiques pour protéger les nappes phréatiques», déclare le manager de la MAA. Dans un premier temps,  les familles cultiveront des légumes tels la laitue, les différentes brèdes, le piment, l’aubergine, la tomate, la carotte, la betterave, le radis et la rave, entre autres. Toute l’île d’Agalega, La Fourche dans le Nord, le village 25 et l’île du Sud, seront couverts par ce projet.
M. Mangar voit plus loin. Ce projet devrait aussi soutenir celui du tourisme vert dans l’île.  Si jamais un tel projet aboutit, il faudra des légumes frais pour approvisionner les touristes. Il est, donc, important, selon lui, de commencer à former dès maintenant les Agaléens à l’agriculture biologique.