Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC), a réagi à l’accident de travail qui a fait risquer le pire à trois employés d’Alpha Cleaning mardi, coincés pendant plus d’une heure dans une nacelle à moitié décrochée au 11e étage de la Cybercité N° 1 d’Ébène. Il est primordial, dit-il, que le ministre du travail prenne au plus vite des actions pour vulgariser la loi du Health & Safety. « La loi n’est pas assez sévère et souvent les employeurs s’en sortent avec une légère amende. Il faut présenter un Risk Assessment en vue d’identifier tous les manquements et les dangers qui guettent le travailleur ».
Pour Haniff Peerun, l’heure est à l’urgence. Chaque employeur, insiste-t-il, doit s’assurer que ses employés ne courent pas de risques sur leur lieu de travail. « Si besoin est, il faut avoir recours à l’expertise du Bureau international de travail. Le gouvernement doit pouvoir mettre sur pied un risk assessment non seulement pour les travailleurs mais également pour les visiteurs. Il faut mettre en place des safety sounds pour avertir les visiteurs si un lieu représente un danger pour eux ». Le syndicaliste réclame une loi qui obligerait tous ceux qui travaillent sur des bâtiments en hauteur à effectuer des exercices de stimulation pour les faire évacuer au plus vite si jamais il y a danger. « Ces exercices de stimulation doivent se faire dans toutes les zones à risque. Il faut aussi mettre en place les safety sounds et initier les travailleurs à cette pratique », soutient-il. « Il y a trop de morts, beaucoup de travailleurs craignent pour leur vie. Il faut cibler tous les métiers à risque comme les pompiers, ceux qui travaillent sur un échafaudage. Des peintres de bâtiments, des personnes qui sont affiliées au nettoyage en hauteur, toutes ces personnes doivent avoir l’assurance qu’il n’y aura pas mort d’homme sur leur lieu de travail. Si le gouvernement renforce la loi de Health & safety, cela sera d’une grande aide. »
Sur un tout autre volet, Haniff Peerun a aussi abordé la question du PRB. Il souligne un aspect du rapport qui devrait impérativement être mis en lumière : « Il faut donner l’incrément avant, après la table de conversion. Car le désavantage avec la table de conversation est que le salarié qui est au top ne bénéficiera point de ces incréments. Il faut suivre l’idée de Dev Manraj qui avait opté pour cette formule qui est avantageuse pour le travailleur. » En ce qui concerne la pension à 60 ou 65 ans, Haniff Peerun estime que « li enn zafer sensible. Logiquement, la pension devrait être à 60 ans et la personne devrait, même si elle opte pour travailler jusqu’à ses 65 ans, être en mesure de bénéficier de la pension. »