La révision des règlements existants à la Tourism Autho-rity (TA) en vue de renforcer la sécurité en mer, suivant le récent drame survenu à Grande Rivière Sud-Est (GRSE), provoque la grogne des opérateurs de bateaux de plaisance. Non pas qu’ils soient opposés au renforcement de la sécurité. Au contraire, disent-ils. Cependant, les mesures qui sont en train d’être prises ne sont pas appropriées, selon eux.  À travers la Federation of Pleasure Crafts Operators (FPCO), ils ont écrit au ministre du Tourisme la semaine dernière réclamant une réunion urgente pour débattre de la question. Ils ont également sollicité le Premier ministre lui demandant de considérer ce dossier, en l’occurrence l’élaboration du New Policy Framewok que compte introduire la TA, afin que les acteurs du secteur ne soient pas pénalisés.
C’est en réponse au drame survenu à GRSE et qui a fait quatre victimes que les autorités viendront de l’avant, d’ici quinze jours — selon ce qu’a annoncé le ministre Duval dans une réponse parlementaire — avec un New Policy Framework (NPF) régissant les activités en mer. “Après la mort, la tisane”, estiment les plaisanciers, déplorant que “ce n’est qu’après un drame que les autorités réagissent”. Certes, il y a eu de nouveaux règlements établis en février 2015 toujours dans le but de renforcer la sécurité en mer. “Mais c’était également pour faire suite au drame de Belle Mare”, rappellent les opérateurs.
Cette fois, les autorités veulent plus de rigueur, a affirmé Xavier Duval, indiquant que le NPF comprendra entre autres la catégorisation des bateaux, des skippers ainsi que la liste des équipements de sécurité à bord des embarcations, un canot de sauvetage rattaché à l’embarcation, la certification ISO 12217 des bateaux, la formation des skippers et du personnel accompagnant…
Si l’initiative des autorités pour l’élaboration de ce NPF est favorablement accueillie par les opérateurs, ces derniers estiment cependant que la politique régulatrice de la TA n’est pas appropriée. Ils font en outre ressortir que “même par rapport aux derniers règlements introduits en février 2015, il y a plusieurs choses illogiques.” À titre d’exemple, ils citent la pénalisation appliquée contre un skipper trouvé coupable d’infraction en mer.
“Nous sommes d’accord, mais on ne peut pas également pénaliser le propriétaire du bateau. La mer, c’est comme la route. Lorsqu’un chauffeur commet une faute, il reçoit une contravention. Mais le policier ne va pas envoyer une contravention au propriétaire du véhicule”, expliquent les plaisanciers.
Indiquant que la FPCO a maintes fois tenté de discuter avec la TA et le ministre du Tourisme pour déplorer cette situation, ils disent que leurs doléances sont demeurées lettre morte.
 Si dans le cadre de l’élaboration du NPF les plaisanciers ont été invités à participer aux réunions, pour la FPCO, “ce n’est qu’un eyewash pour dire que tous les stakeholders ont été consultés. Or, dans la réalité, nos suggestions ne sont pas prises en compte”. Les plaisanciers disent ne pas comprendre la logique que compte appliquer la TA s’agissant du prochain règlement en ce qui concerne la classification des bateaux.
“D’une part, les autorités considéreront les bateaux de plus de 11 passagers comme appartenant à de gros opérateurs, alors qu’enréalité il s’agit souvent de petits opérateurs. D’autre part, il y a de gros opérateurs qui ne véhiculent que cinq à six personnes, mais qui empochent des milliers de roupies. Ce règlement est erroné à la base”, disent-ils. Et de déplorer qu’en sus, il sera obligatoire que les bateaux de plus de 11 passagers possèdent un canot de sauvetage rattaché à leur embarcation. “Ce type de précaution est appropriépour les yachts ou catamarans. Pas pour les speed boats ou les pirogues”, estiment les membres de la FPCO.
Pour les plaisanciers, les autorités tentent de “graine montagne-la enn sel coup”. Ce qui n’est pas possible, disent-ils, ajoutant “Rome was not built in a day”. Selon eux, les nouvelles mesures envisagées suite à l’accident de GRSE relèvent d’une tentative des autorités de “faire croire ki zot pé azir”. Or, notent-ils, toutes ces nouvelles mesures ne concernent qu’une partie des stakeholders. “À sak fois zot kass zis lérein skippers ek plaisanciers. Mais le problème est beaucoup plus vaste”, disent-ils, invitant les autorités à revoir également le rôle des garde-côtes.
D’où leur énième requête au ministre du Tourisme pour une véritable étude de la situation sur le terrain, avant de prendre des mesures. Ils en appellent également au Premier ministre de considérer la situation des plaisanciers. Dans un courrier envoyé à SAJ la semaine dernière, la FPCO sollicite l’intervention personnelle du Premier ministre “so that the minister of Tourism withdraws and reviews the new policy framework and regulations concerning the security at sea imposed on Pleasaure Crafts Operators”.