Bien que le terrible accident de Sorèze début mai 2013, avec un lourd bilan de dix morts, ou encore le carnage de St-Julien en janvier 2011 entraînant la mort de onze ressortissants bangladais, marquent encore les esprits et laissent des traces indélébiles dans la vie des proches des victimes, d’autres accidents de la route, peut-être moins médiatisés que ceux-ci, méritent une attention particulière. Nous parlons ici d’effroyables accidents de motos plongeant des centaines familles dans le désespoir. Rien que les chiffres donnent froid dans le dos : pour ces quatre dernières années, soit de 2010 à 2013, 203 motocyclistes ont été tués dans des circonstances tragiques sur nos routes. Pour cette année vingt-trois motocyclistes ont déjà été tués sur nos routes.
Les chiffres disponibles aux Casernes centrales démontrent une tendance en dents de scie en ce qu’ils s’agit du nombre de motocyclistes tués depuis ces quatre dernières années. D’abord pour 2010, 51 motocyclistes ont perdu la vie dans des collisions sur la route. Ce chiffre descendra à 47 pour l’année 2011 avant de prendre l’ascenseur pour le bilan de 2012 avec un total de 67 riders tués. En 2013 le nombre chutera d’environ 50 % avec 38 pilotes trouvant la mort. Concernant 2014, soit jusqu’à jeudi, les indications étaient que 23 motocyclistes ont déjà laissé leur vie dans des accidents de la route. La dernière victime en date pour cette année est Daljeet Goolam, 56 ans, habitant Terre Rouge. Il a rendu l’âme sur son lit d’hôpital jeudi soir après un accident survenu à Terre-Rouge le 29 juin. Le motocycliste avait percuté une autre moto sur la route de St Joseph.
D’autres chiffres qui interpellent sont le nombre de deux-roues impliqués dans des accidents fatals sur les derniers quatre ans. En 2010, 73 motos et cyclomoteurs ainsi que 9 vélos étaient impliqués dans des accidents de la route fatals. L’année suivante, la police a comptabilisé 65 motos/cyclomoteurs et 6 vélos engagés dans des accidents faisant mort d’homme. Pour 2012 : 77 motos/cyclomoteurs et 13 vélos. L’année dernière le nombre de motos/cyclomoteurs impliqués est descendu à 53 et le nombre de vélos est resté le même, soit 13. D’autre part depuis janvier 2014, vingt motos, huit cyclomoteurs et six vélos ont été engagés dans des accidents fatals.
D’autre part, Alain Jeannot, de l’association Prévention routière avant tout (PRAT), met en avant que les deux-roues sont les plus vulnérables et les plus à risques sur nos routes mais qu’ils sont cependant à l’origine de bon nombre d’accidents. Selon le travailleur social, se basant sur des recherches, « les deux-roues sont vingt-deux fois plus vulnérables que les quatre-roues par kilomètre parcouru ». Le président de PRAT établit même une comparaison avec la Réunion : « À l’île de la Réunion il y a pratiquement deux fois plus de véhicules par habitant que chez nous. Cependant le taux de fatalité routière est inférieur au nôtre car la flotte réunionnaise dispose d’environ 8 % de deux-roues contre 41 % chez nous ».
De leur côté, les Casernes centrales affirment que les unités déployées sur le terrain veillent au grain le comportement des motocyclistes. De plus, les responsables de la police lancent un appel aux motocyclistes pour redoubler de vigilance sur la route et prendre toutes les dispositions de sécurité nécessaires au vu de leur vulnérabilité accrue.