En marge de la première assise sur la Sécurité routière, demain au Hennessy Park Hotel, en présence de Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile, un point de presse a eu lieu ce matin au ministère des Infrastructures publiques avec la police et la TMRSU. L’occasion d’aborder la question des accidents de la route à Maurice.
Daniel Raymond est d’avis que « certaines personnes tendent à donner le sentiment que la tendance s’aggrave » au plan des accidents de la route. Ce coordinateur de la sécurité routière observe, lui, que « depuis 2012 on est arrivé à contenir le nombre d’accidents sur le même niveau. Nous sommes capables, si on prend les bonnes mesures, de réduire le nombre d’accidents, et ce, malgré les infractions relevées. La balle est dans le camp des usagers. » Pour Daniel Raymond, les causes des accidents reposent sur l’erreur et l’infraction au Code de la route. « L’alcool au volant, l’utilisation du portable au volant, le non-respect du port de la ceinture sont autant d’éléments perturbateurs. Environ 200 000 personnes roulent sans avoir acquis les bonnes bases de conduite. Il y a un gros travail à abattre et qui sera annoncé demain à l’occasion des assises sur la sécurité routière », soutient-il, avant de relever qu’« il y aura une réforme du système de conduite automobile à Maurice ». Le coordinateur de la sécurité routière affirme que « l’accident n’est pas une fatalité. Tout le monde peut mourir sur la route ». D’où le fait qu’« on est tous des acteurs de la prévention ».
Le chef inspecteur Mohit Ramah, de la Traffic Branch, a indiqué que la Road Traffic Act a été amendée en deux occasions et qu’un nouveau mécanisme de sanctions a été mis en place en vue de réduire le taux d’accidents de la route. Il rappelle que selon le premier amendement datant du 27 juillet 2016, si un conducteur a commis six délits sous la Road Traffic Act, son permis de conduire sera suspendu. À ce jour, 131 conducteurs ont commis cinq délits, 369, quatre délits et 1 280, trois délits. Pour ceux sous le coup d’une conduite dangereuse, ils auront à payer une amende de Rs 75 000 et sont passibles d’un emprisonnement de huit ans. Du 8 décembre 2016 à fin mai 2017, 695 contraventions ont été dressées, dont 428 concernent la conduite sous influence de l’alcool. « Si une personne refuse de se soumettre à l’alcootest, la police peut demander à la cour de suspendre le délai du conducteur pour une période de deux mois ». Le chef inspecteur Mohit Ramah explique qu’il y a 75 cas de refus de se soumettre à l’alcootest et 507 cas « de disqualification temporaire. Lamann lor volan, li’nn vinn bien sever e bann sofer pasib a Rs 50 000 l’amann e enn period diskalifikasion de so permi pou pa mwins ki douz mwa. »
Said Jeewon, directeur du traffic management de la Road Safety Unit, souligne que chaque année, le nombre de morts tourne autour de 140. « On veut une stabilité et c’est à travers le comportement de tout un chacun qu’on parviendra à réduire le nombre de morts sur les routes. La Road Safety repose sur trois éléments clés : engineering, enforcement, education. D’ici 2025, on veut réduire le nombre de morts par 50%. Il y aura la mise en place d’une moto-école. »
Said Jeewon a indiqué que pour 2016, 228 189 contraventions ont été émises. « On met en place une équipe de 26 personnes, qui seront formées et qui agiront comme enquêteurs lors des accidents », a-t-il annoncé.