Les heures les plus à risque pour la somnolence au volant se situent entre 13 h et 16 h (soit après le déjeuner), ainsi qu’entre 1 h et 5 h du matin, selon plusieurs études sur le phénomène de fatigue au volant qui fait l’objet d’une campagne de sensibilisation de l’association Prévention Routière Avant Tout (PRAT). Un sondage a également permis de révéler que les employés travaillant sur shift system ont un taux de somnolence 10 % supérieur à ceux qui travaillent aux heures du bureau.
La somnolence entraîne une difficulté ou une incapacité à conduire correctement et est responsable d’une multiplication par huit du risque d’accident. Alain Jeannot, président de l’association PRAT a entrepris une étude sur la fatigue au volant entre juillet et août 2010 qui révèle que 57 % des 960 conducteurs interrogés ont avoué avoir somnolé au moins une fois durant les six derniers mois précédant leur participation à l’étude. Les raisons évoquées étaient : fatigue 88 %, problème de santé 2 %, alcool 4 % et inconnue 6 %. Le sondage, selon l’association, a permis d’établir une incidence directe du temps de sommeil au quotidien sur le taux de somnolence. L’exercice a par ailleurs reconnu que les employés travaillant d’après un shift system avaient un taux de somnolence 10 % supérieur à ceux qui travaillaient aux heures de bureau.
Une autre étude menée à Maurice l’année suivante a révélé pour sa part qu’un cinquième des accidents fatals étaient attribués aux single vehicles faisant une collision contre un objet en dehors de la route et que 42 % de ces accidents surviennent la nuit. D’après une étude australienne, 75 % des conducteurs et motards impliqués dans des accidents liés à la fatigue sont des hommes âgés entre 17 et 24 ans. Selon PRAT, l’élément contributeur à ces accidents pourrait être la somnolence, considérant qu’un microsommeil de seulement 4 secondes à bord d’un véhicule roulant à 100 km/h aura pour conséquence que le véhicule sera traîné sur plus de 100 mètres sans que le conducteur ne contrôle son véhicule.
La fatigue et les accidents de la route sont une question de santé publique très sérieuse, dit l’association. « Le corps humain a besoin de repos et réclame ses droits à n’importe quel moment. Il est important de s’allouer entre 7,5 et 8 heures de sommeil par jour et de planifier ses sorties », dit-elle. « Il ne faut pas sous-estimer les risques liés à la fatigue et céder aux chants des sirènes des sorties nocturnes non planifiées, des films que nous regardons jusqu’à fort tard pour se réveiller tôt le matin créant ainsi une dette de sommeil qui ne tardera pas à se manifester », ajoutent les membres de l’association.
À travers la campagne de posters lancée en début de semaine, PRAT veut sensibiliser les conducteurs sur les risques liés à la fatigue au volant et faire passer le message qu’une hygiène de vie est nécessaire afin de prévenir ce phénomène de somnolence. 400 posters de dimension A2 avec pour slogan « Petite somnolence, Grosse conséquence » seront placardés sur les billboards, les stations d’essence Engen et les endroits très fréquentés tels que supermarchés, les bureaux, entre autres.
Les signes avant-coureurs sont indiqués par des bâillements fréquents, les paupières lourdes, des douleurs et raideurs de la nuque, des picotements dans les yeux, les pensées qui voyagent et les baisses de réflexes. L’association conseille, lorsque ces signes se manifestent, de changer de conducteur, de faire une pause-café, mais précise toutefois que le café n’est qu’une solution à court terme et que rien n’est plus bénéfique que le repos. L’association conseille également de planifier les sorties en fonction du repos en prenant en considération que 17 heures de veille ont le même effet que 0.05 g d’alcool dans le sang alors que 21 heures sans sommeil équivalent à une concentration d’alcool de 0.15 g…