Les autorités sont inquiètes : l’emploi de gadgets électroniques est en effet à l’origine de nombreux accidents. Aussi, le National Computer Board a organisé hier un atelier de travail – à la salle de conférence de la Cybertour No1, à Ébène – axé sur la stratégie du gouvernement en matière de sécurité routière, et ce selon une approche liée aux TICs. Objectifs : sensibiliser le public aux technologies émergentes, à l’instar des systèmes de transports intelligents, discuter de l’impact de l’utilisation des téléphones mobiles et tablettes au volant, et élaborer sur la stratégie du gouvernement relative à la sécurité routière dans le cadre de l’utilisation des TICs.
La politique du gouvernement dans l’utilisation des TICs pour améliorer la sécurité routière, les technologies existantes et émergentes sur la sécurité routière, et les systèmes intelligents de transports… Tels sont les sujets traités hier lors d’un atelier de travail organisé dans le cadre de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information. Cette journée a pour objectif de contribuer à sensibiliser le public aux perspectives offertes par l’utilisation de l’Internet et des autres technologies de l’information et de la communication dans les domaines économique et social, ainsi qu’aux moyens permettant de réduire la fracture numérique. Depuis 1969, la Journée mondiale des télécommunications est célébrée chaque année le 17 mai, marquant la création de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et la signature de la première Convention télégraphique internationale, en 1865.
Dans son discours à l’ouverture de l’atelier de travail, le ministre des TIC, Tassarajen Pillay Chedumbrum, a affirmé qu’un 1,3 million de personnes meurent chaque année dans les accidents du travail alors que 20 à 50 millions de personnes sont blessées dans le monde, principalement dans les pays en développement.
La distraction du conducteur et le comportement au volant – qui comprend l’envoi de SMS et l’utilisation de systèmes de navigation ou de communication pendant la conduite – sont parmi les principaux facteurs menant a des accidents. Pas moins de 152 morts ont été recensés sur nos routes en 2011, contre 156 en 2012. Selon le ministre, la distraction au volant est un important facteur contribuant aux accidents de la route. Cela comprend le réglage de la radio, l’utilisation du portable ou encore le fait de regarder les panneaux d’affichage ou les personnes se trouvant au bord de la route. L’utilisation de téléphones mobiles ou de tablettes peut de plus encourager le conducteur à ne pas se concentrer sur la route et ne pas avoir ses mains sur le volant. Ce type de comportement, dit le ministre, est qualifié de « cognitive distraction ». L’UIT, explique Tassarajen Pillay Chedumbrum, a élaboré des « state of the art standard » pour les TICs pour des systèmes intelligents de transports et la sécurité du conducteur, qui utilisent une combinaison d’ordinateurs, de systèmes de communications, du positionnement et d’automatisation des technologies, y compris les radars, dans la voiture pour éviter des collisions.
Hamadoun Touré, secrétaire général de l’UIT, dans son message dans le cadre de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information, a exhorté tous les pays membres à prendre des mesures concrètes pour davantage de politiques nationales et internationales, de programmes ou d’initiatives pédagogiques au sujet de l’utilisation des TICs afin d’améliorer la sécurité routière, tenant compte des risques associés à l’utilisation abusive des TICs et les causes de distractions du conducteur. Les technologies électroniques progressant à un rythme exponentiel, Maurice, insiste le ministre, doit travailler en ce sens.
Le ministre des TICs salue d’autre part l’installation de plus de 50 nouveaux radars automatiques dans les « high spot risks » sur l’autoroute et les routes secondaires. Il cite une étude réalisée par la Cochrane Collaboration en 2011 au sujet de l’évaluation de l’efficacité des radars sur le trafic routier, des excès de vitesse,
des accidents, des blessures et des décès. L’étude a révélé une diminution du nombre d’accidents de 49% à… 8%.