— Cinq concerts prévus à Mahébourg (février), Flacq (juin), Grand-Gaube (juillet), Souillac (août) et Saint-Pierre (septembre)

Culture Events se veut être « toujours le gardien et le promoteur de nos musiques et nos artistes ». Raison pour laquelle Jimmy Virapin et son équipe ont élaboré pour 2020 l’événement Sega Dan Vilaz. Et qui mieux que Désiré François, véritable icône du séga, dont la popularité franchit les barrières régionales, pour être l’ambassadeur de ce projet ? Présentations.

Désiré François et Cassiya, groupe emblématique du séga local, marqueront bientôt leurs 30 ans de carrière. « Se enn gran eveneman ! Nous sommes encore là, et c’est grâce à tout l’amour que le grand public nous a donné durant toutes ces années, qui fait que nous sommes toujours là et que pouvons continuer. » C’est en ces termes que Désiré François a résumé son “feeling” et sa participation au projet de Culture Events, Sega Dan Vilaz. Et pour cause, le premier des cinq concerts qui ponctuent l’événement se tiendra le 15 février de 15h à 1h du matin le dimanche 16, à l’amphithéâtre de Pointe-Canon, Mahébourg. Outre Désiré François et Cassiya, d’autres artistes, dont Les Inkonus ainsi que deux formations régionales issues du sud, à savoir Mahela et Renesans, seront sur scène pour assurer la partie concert de l’événement.

Pour Jimmy Virapin, directeur de la boîte événementielle, « nous ne pouvons rester les bras croisés et laisser mourir la mémoire collective contenue dans le séga, une tradition orale et culturelle ». Il poursuit : « C’est de notre devoir de continuer à faire vivre le séga, et parallèlement, valoriser les nouveaux talents qui émergent et qui ont tant à donner. (…) Le séga est notre identité nationale. Si nous nous ne nous en préoccupons pas maintenant rapidement, et que nous ne mettons pas tout ce qu’on peut en œuvre, il y a fort à parier que nous allons beaucoup perdre. »

Regrettant que « aucun gouvernement ne se préoccupe du fait que, en 2020, les artistes de ce pays n’ont aucun endroit approprié pour se produire », et faisant remarquer que « soit certains de ces endroits, comme le Swami Vivekananda de Pailles, sont trop chers et au-dessus de nos moyens, soit ils ne sont jamais accessibles quand on souhaite les louer », l’organisateur d’événements culturels a lancé un appel aux autorités pour que celles-ci « se ressaisissent et qu’on marche tous main dans la main ». Il rappelle : « Culture Events n’a pas pour principe d’organiser des événements qui ne soient pas à la portée de tout un chacun. Nous sommes très conscients du fait que les Mauriciens adorent les concerts et affectionnent leurs artistes locaux. Cependant, quand on nous impose des coûts très forts pour la location des endroits où nous voulons organiser des événements, et quand on travaille sur tous les frais à encourir, le prix du billet revient à environ Rs 600 ou Rs 700 l’unité. Or, on sait qu’on ne peut imposer cela au public. Dans ces circonstances, souvent, nous sommes contraints de laisser tomber plusieurs projets très intéressants ! »

Jimmy Virapin a été très direct : « Il est de notre devoir de garder le séga vivant. C’est la mission première de Sega Dan Vilaz. Oui, nous avons préparé un événement où il y aura de la bonne musique, avec des artistes de renom, comme Désiré François et Cassiya, ainsi que d’autres jeunes talents émergents. Mais ce n’est pas tout. Autour du concert principal, nous aurons aussi des activités multiples, comme des ateliers. Par exemple avec Kerwin Castel, qui initie les enfants et les jeunes à la ravane. Il a même une école à cet effet. » Sega Dan Vilaz proposera dans le même souffle « l’initiation à divers instruments, et pas que la ravane, mais aussi le triangle », entre autres. « Les enfants autant que les adultes pourront en bénéficier. » Jimmy Virapin insiste : « Sega Dan Vilaz a pour vocation première de réunir la famille dans un cadre agréable pendant plusieurs heures, avec une foule d’activités pour à la fois apprendre et se détendre. »

Sur ce point, Désiré François relève : « Comme nous, un très grand nombre de nos fans ont grandi, mûri et vieilli avec nous. Ils sont nombreux ceux qui avaient dans les 20 ou 30 ans quand nous commencions, il y a une trentaine d’années. Aujourd’hui, ils sont grands-pères et grands-mères, mais tous nous portent autant d’affection. » Ce qui a fait rebondir Jimmy Virapin : « Comme on le sait, quand les jeunes sortent, ils demandent aux grands-parents de garder les enfants. Ce qui n’est pas chic, car dans ce cas, les grands-parents sont interdits de concert ! » Or, le concept de Sega Dan Vilaz, a-t-il souligné, « c’est justement d’amener les artistes et l’événement vers le public un peu partout dans l’île, plutôt que de les faire venir dans un endroit spécifique ».

Rendez-vous donc le samedi 15 février dès 15h à l’amphithéâtre de Pointe-Canon pour la première édition 2020 de Sega Dan Vilaz. À noter que quatre autres concerts suivront de juin à septembre, soit : le 27 juin à Flacq, le 11 juillet à Grand-Gaube, le 1er août à Souillac et le 12 septembre à Saint-Pierre. « Nous avons délibérément pratiqué cette coupure de quatre mois entre février et juin, explique Jimmy Virapin, parce qu’il y aura plusieurs carêmes durant cette période, et nous n’avons pas voulu que qui que ce soit se sente pénalisé. » De surcroît, a ajouté l’organisateur, « Désiré François a déjà plusieurs engagements professionnels durant cette période à l’étranger ». Le principal confirme, précisant qu’il était « ravi de renouer avec le public mauricien » et qu’il était « confiant que Sega Dan Vilaz sera un événement majeur cette année ».