Originaire de Cité Borstal, Grande-Rivière, Gaëtan Jeanne a exercé le métier de maçon avant de devenir pion. Ce père de famille, benjamin d’une fratrie de douze enfants (sept filles et cinq garçons), vient de lancer son premier album Lacor Parental, qui vise à mettre en garde la jeunesse contre certains fléaux de la société.
Il est tout fier de son premier album et ne le cache pas. Gaëtan Jeanne aime s’inspirer des choses de la vie et chacun de ses titres proposés raconte une histoire. Dans Madelain, il raconte le marin parti sur son bateau et dont la femme attend toujours le retour. Avec Peser, il s’inspire de ces pêcheurs partis chercher le repas familial et qui, à la tombée de la nuit, ne sont toujours pas revenus. Avec Veye Zafer Dimoune, il fait un clin d’oeil en disant que les commères et ragots font partie du lot quotidien et qu’il est difficile d’y échapper. Avec Zenfan passe mizer, c’est la réalité de la vie qu’il décortique. « Tou dimounn pa gagn mem sans dan lavi », dit-il. Pour ses deux derniers morceaux, soit Papa Soular et Tio le course, Gaëtan Jeanne dira : « Ena bon tiyo ek tiyo perse ek komie zanfan ek madam finn plore kan papa soular, tou devire dan lakaz. »
C’est au Centre Sugar Industries Labour Welfare Fund, où Gaëtan Jeanne officie comme planton, que ce dernier, pendant ses heures de pause, trouve un moment pour écrire ses chansons. « Selman sega ou sega tipik… Mo dan lamizik lontan ek mo zwe lagitar. » Il dit également être fier de son parcours de musicien, se produisant souvent dans des hôtels du littoral. Et de souligner qu’il souhaiterait ressembler à son idole, Désiré François, qui, dit-il, est sa « source de motivation ». « Li ena enn saler dan so lavwa. C’est un chanteur qui a su rester simple malgré son succès. Un de mes plus grands rêves est de pouvoir me produire un jour sur la même scène que lui. » Gaëtan Jeanne reconnaît que la vie d’artiste est parsemée d’embûches. « Fode pa dekouraze. J’ai déjà commencé l’écriture des morceaux pour mon deuxième album. » Parlant de Cité Débarcadère, où il vit, Gaëtan affirme que, malgré les difficultés de la vie, chacun cherche à s’en sortir. Il est aussi président d’un Club de football, Club Old Warriors Association Veteran, où les adhérents, soit une quarantaine, organisent chaque année un déjeuner pour les personnes âgées de la localité de Pointe-aux-Sables. « On organise aussi des rencontres avec les membres d’autres clubs, c’est un moyen de resserrer les liens d’amitié. On met aussi en place des tournois de foot pour les jeunes. » Parlant de son premier album, il précise être emballé par sa sortie. « Li pou enn gran motivation pou persevere dan sa lavwa-la. »