Lapotuni compte huit morceaux évoquant, dans une douce mélodie sur fond de séga la nostalgie de l’artiste d’être parti de son pays natal et le quotidien, souvent difficile, qu’il vit surtout pour un émigrant. « Les problèmes sont souvent les mêmes partout où nous sommes mais être étranger dans un pays en pose d’autres », soutient notre interlocuteur, qui a quitté Maurice il y a 25 ans. La raison qui a motivé ce départ : « On ne peut pas vivre de sa musique à Maurice ».
En 1980, Georges Mounawah, âgé alors de 22 ans, sort son premier album, Souvenirs le port avec le soutien de son ami Menwar. Lui-même un ancien travailleur du port, licencié, il y raconte le malheur des siens et les fléaux qui touchent la société. « L’album fut un grand succès ».
L’artiste, qui est le frère du champion de judo Joseph Mounawah, est originaire de Cassis. Il s’est lancé dans la musique au début de ses vingt ans. Plus tôt, c’est le foot qui l’intéressait. « Après la sortie de cet album, nous avons participé à plusieurs spectacles, derrière le Plaza, à la Place du quai entre autres ». A l’époque, il faisait partie du groupe Zeness progresis En montant le groupe Soley Rouz, avec ses amis, il se produit pour des spectacles politiques.
Malheureusement, ne pouvant vivre de son art, il décide de partir pour l’Italie, plus précisément à Rome mais la musique ne le quitte plus. « Li tout le temps dans ou la tête. Dès qui enn morceau misikal ou enn parol vini mo note li. De fwa mo pe dormi assoir, mo lever pour écrir li, des fwa mo pe travay… » Georges Mounawah a mis plusieurs années pour compiler les morceaux qui paraissent sur l’album.
En vacances à Maurice l’année dernière, il l’enregistre mais faute de temps, il ne peut en faire la promotion. Depuis deux semaines, il est de retour au pays pour sa promotion. L’album compte huit morceaux : Lapotuni, Lacaz lapaille, L’Océan, Saiko, Libération, Misié Leroi, Malade et Zoli zil.
« Beaucoup de ces chansons sont nostalgiques », dit-il. C’est la nostalgie du pays et de la famille. « Mo tout le temps pense mo pays kom si mo coupé en deux entre Maurice et l’Italie et ce malgré les problèmes qui puissent exister ». Evoquant la chanson Zoli zil, il avance « même si nou lil zoli, ena problem. Ou ena aussi Saiko qui raconte fracas enn tigarcon pervers, Libération koz lor laliberté. Morso Misié leroi rakont lazoi enn paran kan enn zenfan maryé ».
Georges Mounawah note qu’il est plus difficile de faire la promotion d’un album en Italie qu’en France. Lapotuni est en vente chez les disquaires et les grandes surfaces.