Ça s’est passé comme espéré, samedi soir à Pointe Canon. Transformé en temple du reggae/seggae, l’amphithéâtre a accueilli les pèlerins d’un autre genre dans une ambiance roots et militante. Les disciples du rythme saccadé restent fidèles à la philosophie d’une musique revendicatrice, jouée pour prendre par les tripes et pour envoûter les âmes. Le skang des guitares s’allie au battement des percussions pour compléter le sortilège.
Presque six heures de musique : la trentaine d’artistes attendue a permis d’assurer la diversité, évitant que le temps soit trop long. Sur la scène, les chanteurs de la première génération ont côtoyé ceux qui veulent reprendre le flambeau, offrant au reggae comme au seggae un souffle nouveau et une énergie revigorée. Autour d’un même tempo, les variantes rajoutent des couleurs et laissent découvrir les autres possibilités à exploiter.
Dans quelques jours, la sortie de Free Diego Garcia, album reggae avec lequel Ras Natty Baby espère sensibiliser le monde sur le sort des Chagossiens et permettre à sa musique de décoller. L’album de Natir a déjà été enregistré; il viendra dix ans après le dernier.
La musique a encore de beaux jours devant elle. Le concert organisé par DMS Jam est venu montrer qu’il y a de bonnes raisons d’y croire.