Seins siliconés : femmes en danger. Le titre fait peur et celles qui ont des implants mammaires de la société française Poly Implant Prothèse (PIP) – qui a fabriqué des produits défectueux aujourd’hui soupçonnés d’être à l’origine de cas de cancer – ont de quoi s’inquiéter. Le scandale sanitaire touchant la France pourrait s’étendre ailleurs, notamment à Maurice si des femmes ont eu recours au PIP, les autres marques d’implants ne constituant aucun danger, selon le chirurgien plastique Gérard Crépet. Au Royaume-Uni, 250 femmes ont déjà porté plainte. D’autres pays sont touchés et des milliers de femmes, qui se sont fait mettre ces implants – certains remplis d’un gel de silicone non médical entraînant des risques accrus de fuite et de rupture de l’enveloppe de la prothèse – sont concernées. Selon les recommandations du gouvernement français, elles devraient se les faire enlever.  
« Une recommandation à titre préventif », souligne le gouvernement français, « sans caractère d’urgence », mais à tenir en compte pour éviter tout risque. 
A Maurice, selon nos informations, certaines femmes porteuses d’implants ont déjà pris contact avec leur médecin. Toutefois, le Dr Gérard Crépet, chirurgien plastique et esthétique connu en la matière, indique que ce problème concerne uniquement les prothèses PIP. « Les femmes porteuses d’implants de toutes les autres marques n’ont pas d’inquiétude à se faire », dit-il, précisant que les chirurgies effectuées sous sa houlette n’ont rien à voir avec le PIP. Il a toujours utilisé une autre marque de prothèses mammaires. 
Le Dr Crépet recommande aux femmes porteuses d’implants PIP de consulter leur chirurgien ou médecin traitant. Notamment celles qui se sont fait opérer par des médecins étrangers de passage à Maurice, ou à l’étranger même, pour savoir si elles sont porteuses des prothèses PIP ou non. Dans un premier temps, recommande-t-il, il faut vérifier sur sa carte de suivi la marque de prothèse implantée remis par le chirurgien. « Tout y est inscrit, avec la marque de la prothèse, son numéro de série, sa date de fabrication, le lot… », indique le Dr G. Crépet. 
Lequel souligne qu’« il est important pour les femmes porteuses d’implants PIP de consulter leur chirurgien ou médecin traitant pour réaliser des examens cliniques et radiologiques appropriés, afin de s’assurer de l’état de la prothèse. » Par la suite, suivant l’avis scientifique de l’Institut national du cancer (INCa), une décision devrait être prise. Ainsi, le rapport de l’INCa rendu jeudi dernier au gouvernement français montre qu’« il n’y a pas à ce jour de risque accru de cancer chez les femmes porteuses de prothèses de marque PIP en comparaison aux autres prothèses. » Le ministère français de la Santé souligne, néanmoins, « les risques bien établis liés à ces prothèses sont les ruptures et le pouvoir irritant du gel pouvant conduire à  des réactions inflammatoires, rendant difficile le retrait. » Ce risque élevé de rupture justifie à lui seul la recommandation de retrait aux femmes porteuses, indique le gouvernement français. En effet, un total de 8 cas de cancers ayant été signalé chez des femmes qui avaient des prothèses PIP, sans toutefois qu’aucun lien de causalité n’ait été établi, le gouvernement français a recommandé, vendredi dernier, le retrait des prothèses mammaires de marque PIP pour  toutes les femmes qui les portent, même s’il n’a pas été démontré à ce jour un risque accru de cancer. En France, les frais liés aux futures « explantations » (à savoir les retraits des implants) seront pris en charge par l’assurance maladie mais pas ceux pour l’implantation de nouvelles prothèses sauf pour les cas de reconstruction consécutive à une maladie comme le cancer du sein.
Le scandale qui prend des allures mondiales remonte à plusieurs années. Plus de 2,000 plaintes de porteuses de prothèses PIP ont été déposées depuis mars 2010, date à laquelle l’entreprise – placée en procédure de sauvegarde en 2009 et en cessation de paiement – a été mise en liquidation judiciaire, rapporte la presse étrangère. Fondée en 1991 à Seyne-sur-Mer dans le Var, France, la société de fabrication d’implants mammaires PIP a occupé pendant un temps le rang de no.3 mondial du secteur, fournissant quelque 100,000 prothèses par an dans 65 pays. En 2007-2008, une centaine de Britanniques porteuses de ces implants avaient porté plainte contre PIP pour « prothèses défectueuses (fuites de gel de silicone) ». Les produits de la société PIP ont été retirés du marché en mars 2010 en raison de la non-conformité du gel utilisé avec les règles médicales en vigueur. Or, la société, qui exportait plus de 80% de sa production, vendait pour une large part en Amérique du Sud, ainsi qu’en Europe de l’Ouest, notamment en Grande-Bretagne, avant sa liquidation. Parmi ses marchés de prédilection figurait l’Amérique du Sud, surtout le Venezuela, le Brésil, la Colombie et l’Argentine, avec plus de 58% des ventes à l’exportation en 2007 et 50% en 2009.
Les prothèses mammaires qu’il a commercialisées accusées d’être dangereuses pour la santé, Jean-Claude Mas, fondateur de la société de fabrication d’implants mammaires PIP, est désormais traqué dans le monde entier par Interpol.