Taillée pour le sable, serait-t-on tenté de dire… Elle, c’est Liza Bonne, habitante de Résidence Kennedy, Quatre-Bornes, et qui rêve de briller lors de la 10e édition des Jeux des îles de l’Océan Indien (19-28 juillet) devant son public au beach-volley. Femme de caractère, elle se donne corps et âme depuis 2 ans pour cette discipline qui lui scie si bien, avec la ferme intention d’y laisser une empreinte indélébile. Portrait.
« C’est avant tout un sport que je fais pour moi », lâche notre interlocutrice lorsque la rédaction sportive de Week-End la rencontrer mercredi après-midi, au Citadell Mall (Port-Louis), pour la cérémonie de remise des prix, récompensant les athlètes, ayant brillé durant la période de février à avril 2019. « Je fais avant tout ce que j’aime. J’aime le beach-volley, je m’y sens bien. Je veux donc gagner et rendre fier ma patrie. C’est mon devoir en tant que patriote », confesse-t-elle.

Liza Bonne est avant tout une athlète qui se donne les moyens pour réussir. Ayant pratiqué le volley-ball au niveau national et régional, elle a, comme beaucoup de ses coéquipiers privilégiait le sable. La raison ? « Pour ma part, ça s’est fait naturellement. J’ai toujours aimé le beach volley. Et je pense que ça me convenait le mieux. Je m’épanouis dans ce sport. » Comme beaucoup de sportifs mauriciens, c’est au collège qu’elle tâte dans le ballon, plus précisément lors des classes d’éducation physique. « Nous jouions au volley-ball et nous y avons pris goût. Il s’est avéré que j’avais des prédispositions et c’est de là que tout a commencé. Nous étions un groupe d’autodidacte qui apprenait sur le tas et qui y prenait du plaisir », avoue celle qui fréquentait le SSS Ébène, (filles).

Depuis, elle a gravi les échelons pour se faire un nom et grandir au sein de la famille du volley-ball, sous la férule de Lindsay Wilson puis de Prisca Seerungen avec l’équipe de Quatre-Bornes VBC. Double championne du pays, elle connaîtra la consécration lors de la Coupe des clubs de la Zone 7 (CCCZ7) en décrochant la médaille d’or deux années de suite, soit en 2017 et 2018. Un joli CV. C’est d’ailleurs l’actuel responsable de la sélection nationale féminine, Pascal Ava, qui l’a repéré et elle s’est orientée, vers le beach. « C’est en venant prêté main forte aux coéquipières que l’on m’a trouvé des qualités pour le beach. Je n’ai pas hésité. J’ai tenté le tout pour le tout ».

La manchette sablée…

Mais en 2017, une blessure viendra jouer les troubles fêtes. « Je suis, à la base une joueuse aimant l’attaque en puissance. Mais, suite à une tendinite de l’épaule, j’ai dû être repositionnée en tant que défenseuse pour la stabilité de l’équipe », ajoute-t-elle. De fil en aiguille, elle s’imposera comme une valeur sûre, jusqu’à être sélectionnée pour les JIOI qui se tiendra ici, chez nous.
« C’est une belle récompense ; une énorme fierté. J’ai eu l’occasion de défendre les couleurs du quadricolore il y a quatre ans, en volley-ball pour les JIOI à La Réunion. Ce fut une expérience enrichissante. Maintenant plus aguerris, mon objectif est de ramener l’or, d’autant que c’est la première fois que le beach-volley est au programme des Jeux. Ce serait symbolique, et, nous nous entraînons d’arrache-pied pour y parvenir.  Nous faisons beaucoup de sacrifices », poursuit celle qui pratique la plongée sous-marine.

Cette femme de sable, est avant tout connue pour sa grinta (rage de vaincre)  et sa combativité. « Ce sont mes atouts majeur en tant que défenseuse ! Je me considère comme étant assez propre techniquement et bien évidemment, c’est la complémentarité avec ma partenaire qui prime », poursuit-t-elle. « J’ai fait mes classes avec Stacy  Armoogum et Vanessa Chellumben. Avec cette dernière, j’étais plus portée vers l’attaque, étant donné qu’elle était passeuse. J’ai également joué avec Stéphanie Louise. Maintenant, j’ai beaucoup d’affinité avec Nathalie Létendrie. »

Poursuivre sur sa lancée…

L’association avec Létendrie fait d’ailleurs des merveilles. La paire avait récemment remporté la médaille d’argent à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Nigeria, se qualifiant par la même occasion pour les Mondiaux, en Allemagne (Hambourg). « Nous nous entendons très bien. Nous communiquons beaucoup. C’est la clé de la victoire. Nous avons bien évidemment des moments ou nous sommes dans le dur, mais nous dialoguons. Nous dépendons l’une de l’autre en beach-volley et devons absolument nous y faire. Il y a moins de personne à gérer contrairement au volley puisque nous ne sommes qu’à deux», analyse notre championne qui ne cache toutefois pas sa déception de ne pas être du voyage à Hambourg. « Cela aurait été la cerise sur le gâteau pour ses deux années passé à se donner au maximum pour ce sport. D’autant que mon entraîneur m’a toujours conseillé de regarder la joueuse allemande Laura Ludwig (championne du monde 2017 à Vienne aux côtés de Kira Walkenhorst). Cela m’aurait permis de la rencontrer. C’est dommage », estime Liza Bonne,  avec un brin de mélancolie. Pour rappel, Bonne n’est pas éligible pour les Mondiaux, car le règlement stipule qu’il faut avoir pris part à au moins deux tournois homologués, par la FIVB/CAVB. Or, Bonne n’en a disputé qu’un seul, soit la CAN.

Quoi qu’il en soit, elle sera bien de la partie aux JIOI, et, connaissant son mental d’acier et son tempérament de feu, elle ne reculera devant rien, pour faire vibrer le peuple mauricien. Liza the Beast.

Mon message aux Mauriciens

« Prendre conscience de l’évènement »
« J’espère que le peuple mauricien nous soutiendra de vive voix. Prenez conscience de l’évènement. L’élan de patriotisme devra régner. »