Lorsqu’elle entre dans l’arène, Jessika Rosun n’a qu’une chose en tête : la victoire. Elle se concentre sur son objectif et fait abstraction de tout ce qui se passe autour d’elle. Puis, elle prend une pro- fonde aspiration et s’élance avec son cri de guerre, javelot en main, prête à défier chaque adversaire pour s’emparer de la médaille d’or. Telle une conquérante. Portrait…

Jessika Rosun est une championne d’athlétisme qu’on ne présente plus à Maurice. Des titres, elle en a conquis. Des performances, elle les a toutes réalisées à Maurice, aussi bien en Afrique ou en Europe. Athlète à la carrière sportive bien remplie, elle a vécu à 20 ans ses premiers Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI). C’était en 2011 aux Seychelles. Pleine de promesse, elle avait confirmé tout son potentiel en raflant la médaille de bronze au javelot en terre seychelloise. Quatre ans plus tard, elle s’affirme comme une référence au javelot, en remportant l’or aux JIOI de 2015, à La Réunion. Bonus, elle est aussi repartie avec l’argent au lancé du disque.

Alors au sommet de son art, elle brille au plus haut niveau avec des performances plus qu’honorables. Toutefois, dans sa carrière sportive, elle a aussi connu des bas et certaines épreuves qu’elle a traversées et qui lui ont laissé des cicatrices. Mais Rosun est loin d’être celle qui baisse les armes facilement. Ce ne fut qu’une question de temps avant que la lionne ne se remette à rugir. D’ailleurs, après avoir connu une légère baisse de forme en 2018, Jessika Rosun retrouve graduellement son meilleur niveau et lance de nouveau au-delà des 50m. La lanceuse de javelot avait pour rappel, battu son record personnel en avril dernier, lors de l’ASA Grand Prix 2 en Afrique du Sud. La Mauricienne avait pris la troisième place grâce à une performance de 52,82 m, avant de passer à 53,98 un mois plus tard, son personal best cette saison.

Une combattante aguerrie

Deux performances qui confirment son retour en forme depuis le début de l’année. Il va sans dire que dans à peine 16 jours, c’est une combattante aguerrie qui se présentera au stade Germain Comarmond pour la compétition de javelot, prévue le 23 juillet. « We are going for gold », nous dit-elle. « L’or, c’est l’objectif de tout le monde. On s’y est entraîné pour ça. Quant à moi, je vais donner le meilleur de moi-même pour retenir mon titre de championne de l’Océan Indien », lâche-t-elle avec enthousiasme. Toute- fois, elle ne veut pas vendre la peau de l’ours, car elle sait que la compétition sera rude. Pour elle, la force mentale sera un sacré atout. « L’aspect psycologique est très important. Il faut être solide tout le long de la compétition. Si cela qui va- nous empêcher de craquer. Si on n’est pas costaud dans la tête, on ne pourra pas atteindre le but qu’on s’est fixé », poursuit-elle.

Selon Jessika Rosun, les JIOI est un moment très fort pour un sportif, surtout ceux et celles qui seront à leurs premiers Jeux. Elle souhaite que ces derniers puissent savourer leur moment. « Il est primordial de se concentrer sur soi-même d’abord. Beaucoup d’athlètes dans la pratique de leur sport, pense avant tout à la fierté de la famille ou de la patrie avant la leur. Je pense qu’on doit avant tout le faire pour nous-mêmes en premier lieu. Car dans la compétition, personne ne viendra ni concourir ni faire des efforts à la place. C’est à la sueur de notre front qu’on va devoir aller chercher la médaille », fait-elle ressortir.

Lanceuse expérimentée et source d’inspiration pour nombreux, pas étonnant que le brassard de capitaine lui a été confié pour la deuxième fois, après l’édition de 2015. D’ailleurs, lors du traditionnel rassemblement des athlètes à Réduit, elle avait déclaré qu’elle compte remplir ce rôle admirablement. « C’est à la fois une fierté et un honneur d’être une fois de plus, la capitaine des filles. C’est une très grosse responsabilité qui m’a été confiée et je compte l’a remplir honorablement. Je sais ce qu’on attend de moi. Mon rôle c’est avant tout d’être présente pour elles et mettre celles qui seront à leurs premiers Jeux des Îles à l’aise. C’est mon devoir de rameuter les troupes et de resserrer les liens entre nous, car l’union fait la force. L’avantage que j’ai, c’est que je connais tous les athlètes. Je sais que cela ne sera pas une tâche facile, car j’aurai aussi à gérer ma compétition. Certes, on peut croire que c’est une pression supplémentaire sur mes épaules, mais loin de-là. Ce n’est ni stressant, ni un fardeau pour moi. Au contraire, je prends ce rôle comme un plus qui va me poussera à être plus performante. Car en tant que capitaine, je dois aussi donner l’exemple sur le terrain aussi bien qu’en dehors. » Leader !