À en croire Afrobarometer, agence qui réalise depuis 1999 des enquêtes d’opinion sur des sujets divers dans plus d’une trentaine de pays, les officiels gouvernementaux ont mauvaise presse dans l’opinion publique en matière de corruption. En effet, selon la première étude nationale d’opinion réalisée par cet institut à Maurice, en janvier et février derniers, en collaboration avec le cabinet StraConsult, 74% des personnes interrogées estiment qu’au moins certains de ces officiels sont impliqués dans des affaires de corruption.
La perception de corruption est aussi forte pour la police, 71% des sondés estimant qu’au moins certains policiers sont corrompus. Les élus, en général, ont tout aussi mauvaise presse par rapport à la corruption. Ceux des mairies et des Conseils de district d’abord, avec 67% des sondés estimant qu’au moins certains d’entre eux sont impliqués dans des affaires. Les parlementaires ensuite, avec 66% des personnes interrogées qui sont d’avis qu’au moins certains d’entre eux sont corrompus.
Si selon cette partie de la première étude d’opinion nationale d’Afrobarometer pour Maurice, en règle générale, la perception de corruption demeure forte dans l’opinion publique, les personnes interrogées sont très peu nombreuses à avouer qu’elles ont personnellement été contraintes d’offrir un pot de vin, un « cadeau » ou une faveur en échange d’un permis, d’un service ou encore pour éviter une contravention ou une arrestation.
98% des interviewés vont même jusqu’à affirmer que, durant les dernières élections générales de 2010, ils n’ont pas monnayé leur vote. « La perception est le catalyseur du comportement public », devait laisser entendre, jeudi, Amédée Darga du cabinet StraConsult, au cours de la présentation de quelques-uns des traits saillants de trois nouveaux aspects de cette étude nationale d’opinion.
Pour lui, les sondages d’opinion, s’ils sont bien réalisés sont autant d’outils valables pour prendre la mesure de l’opinion publique sur n’importe quel sujet d’intérêt. « Tout gouvernement à intérêt à connaître la perception de la population », explique pour sa part Anyway Chingwete, de l’Institute for Democracy d’Afrique du Sud, qui a été déléguée sur place par Afrobarometer. Elle assure que l’étude nationale d’opinion menée par cette agence à Maurice, et qui a notamment été financée par la Fondation Mo Ibrahim et l’USAID, est un « projet scientifique ».
Les deux autres nouveaux aspects de cette étude qui ont été présentés concernent la situation économique et la confiance de la population dans un certain nombre d’institutions. Elle a été réalisée à Maurice et à Rodrigues à partir d’un échantillonnage de 1 200 interviewés sélectionnés, assure-t-on, selon les critères statistiques qui conviennent tenant en compte les paramètres nécessaires.