On les appelle les Millennials. Ce sont les jeunes nés entre 1980 et 2000. Représentant actuellement 30% de la population, ils constitueront, en 2020, 50% de la “global workforce”, selon une étude entreprise par Microsoft Indian Ocean and French Pacific présentée hier à l’hôtel Labourdonnais. D’où l’intérêt, selon Ludovic Froget, Communication Manager, pour les patrons de tenir compte des attentes de ces jeunes dans le monde du travail. Parmi les caractéristiques de cette nouvelle génération, on retrouve une préférence pour le freelance et pour avoir sa propre boîte. Par ailleurs, elle se sent à l’aise avec des contrats à courte durée. L’étude a montré un décalage entre les jeunes d’aujourd’hui et les employeurs tout en soulignant la nécessité de combler ce fossé.
“Gig Economy Era: Understanding the Mauritian youth in the workplace”. Tel était le thème de la présentation en fin de semaine dernière  au Labourdonnais Hotel. Selon le Communication Manager de Microsoft Indian Ocean and French Pacific, lui-même faisant partie de la première vague des millennials, étant né en 1982, une personne de cette génération « n’a jamais eu un job où il n’a pas eu à utiliser un ordinateur ». Il poursuit : « Un millennial “click”, “lol” et “tweet”. Dans ma carrière de 13 ans, j’ai eu sept employés. J’ai travaillé cinq ans en freelance. Les millennials ont grandi à une époque de changements rapides et évoluent au gré des technologies. »
Ludovic Froget devait expliquer que le terme “gig“ est un vocabulaire issu du monde musical. « Les musiciens décrochent un contrat, travaillent, sont rémunérés et repartent, relate-t-il. C’est un marché du travail qui est caractérisé par la prévalence de contrats à courte durée, ou de travail en freelance par opposition aux emplois permanents. »
Selon le présentateur de l’étude, une rencontre avec des Human Ressource Managers a révélé que « lorsque les millennials ne sont pas heureux avec leur travail, ils démissionnent et se lancent en freelance ou monte une entreprise ». Parmi les raisons pour lesquelles les millennials optent pour le “freelance”, il y a l’internet, « qui leur permet d’obtenir des jobs à travers le monde sans qu’ils n’aient à bouger ». Par ailleurs, « les millennials ont démarré leur carrière en pleine crise financière », avant de reprendre : « Ils sont habitués à ce sentiment d’incertitude et le fait d’être sans emploi ne les perturbe pas tant ». Les millennials sont flexibles et, pour eux, « un emploi en freelance est moins risqué ». Il développe : « Par exemple, s’ils perdent un de leurs clients, ils en ont toujours d’autres alors que s’ils sont employés, ils peuvent être licenciés. » Selon l’étude, « nombre d’entre eux n’apprécient pas la culture du travail imposée sur eux, soit être au travail de 9h à 5h ». Pour Ludovic Froget, « si nous voulons développer notre économie et atteindre l’objectif de “high income country”, et compte tenu de la démographie déclinante dans notre pays, nous devons être préparés à accueillir des expatriés et, très probablement, ce seront des millennials ».
Parmi des jeunes du HSC interrogés sur leur perception du monde du travail, « beaucoup ont trouvé qu’il y a un manque d’opportunités » pour les jeunes. « Ils veulent être redevables pour leur travail et non pas pour le temps qu’ils doivent passer au bureau. Certains ne voient pas pourquoi ils doivent être au bureau s’ils ont fini leur travail. » Parmi les suggestions apportées, « le management devrait être à l’écoute des employés et il faudrait une meilleure communication interne ».