«Des méthodes de dictature», «Terreur». Ce sont les mots utilisés en petit comité par des employés de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFPs) pour qualifier les changements qui interviennent et l’ambiance qui règne au sein de ce corps para-étatique. Les décisions qualifiées de drastiques prises depuis l’installation à son poste du nouveau Chief Executive Officer (CEO), Simo Carevi?, sont loin de faire l’unanimité.
Selon des informations glanées par Week-End, c’est à un véritable musical chairque des employés sont soumis depuis quelque temps au sein de cette société. Des transferts défiant toute logique sont ordonnés. Ainsi plusieurs personnes ont été propulsées dans les boutiques hors-taxes, alors qu’elles ne disposeraient pas de compétences nécessaires pour ce poste. Le prétexte utilisé pour expliquer ces mouvements de personnel, est, selon la direction, le surcroît d’effectif dans le store. Idem au niveau du département des ressources humaines où des membres du personnel, ayant plus d’une dizaine d’années de service, se retrouvent désormais à servir la clientèle dans les boutiques, alors que des nouveaux venus – pas pour autant qualifiés selon nos informations – sont restés en poste au niveau de l’administration. Cet exercice de “pick and choose” est déploré par les employés qui ne comprennent pas les nouvelles méthodes de gestion du personnel appliquées à la demande du nouveau CEO, Simo Carevic.
 Les heures de repas aussi
?Ce qui offusque davantage les employés de la MDFPS, qui se disent «harcelés» et subissant la «terreur» quotidiennement, ce sont les instruction venant d’en haut concernant  les nouveaux horaires pour  les repas. Depuis une semaine, les employés qui font le «shift» du soir, soit entre 14h et 23h30, ne peuvent aller dîner tant que des passagers sont dans les boutiques. Avant ce changement, les employés pouvaient, par petit groupe, prendre leur heure de pause, entre 17h30 et 20h30.
 Mais les employés mécontents avancent que depuis lundi dernier, leurs responsables leur ont fait comprendre que tant qu’il y a des passagers dans la boutique, ils ne peuvent quitter les lieux. Or, les boutiques ne se vident presque jamais, disent les employés, rappelant que désormais, tous les passagers sont obligés de passer par les boutiques hors taxes avant de faire leur boarding. Ils ajoutent que si toutefois il y a un léger répit, ils ont reçu l’ordre de remplir les étagères et refaire le stock avant que d’autres passagers n’arrivent. Ce qui fait qu’ils ne disposent techniquement plus d’heure de repas fixe le soir. Lundi dernier, par exemple, certains d’entre eux n’ont pu aller prendre un en-cas qu’à 22h00. Plusieurs employés disent souffrir physiquement de cette situation et déplorent l’attitude dictatoriale  des duty officers et supervisors qui disent appliquer à la lettre les ordres du CEO.  ??Le personnel rappelle également que depuis leur installation dans la nouvelle aérogare, ils ne disposent plus de chaises au comptoir, et doivent rester debout tout le long de leur shift. “Si en plus nous n’avons plus d’heure pour manger, nous n’allons pas pouvoir être performants”, disent-ils, ajoutant que “ce sera au détriment de la qualité du service.” S’agissant des Beauty Consultants employées par la MDFPS mais représentant les maisons mères pour les produits qu’elles vantent, le CEO aurait décidé qu’elles doivent travailler cinq soirs par semaine, alors qu’elles opéraient selon un shift system comme les autres employés de la MDFPS.
 Une première rencontre avec le syndicat la semaine dernière n’aura pas été à la satisfaticon des employés. Selon nos informations, le syndicat devrait à nouveau discuter avec la direction en début de cette semaine. En attendant, cette campagne – qu’ils qualifient de terreur – mine les employés de la boutique hors-taxes. Tant et si bien que certains, protégés du pouvoir, ont sollicité l’intervention de leurs députés et autres ministres. Cependant, aux coups de fil reçus de ces hautes personnalités mécontentes que “pe bouz nou dimoun”, on avance que Simo Carevi? aurait été très clair : “Je ne prends des ordres qu’avec le Premier ministre.”