La seule raison qui explique le départ précipité du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pour l’Inde en vue de négocier une nouvelle ligne de crédit de $ 500 millions est le Métro Express, estime le leader du MMM, Paul Bérenger. Il explique, en effet, que les deux soumissionnaires présélectionnés, AFCONS et Larsen & Taubro, envisageaient tous deux de se retirer en raison de la contrainte budgétaire qui leur était imposée par les autorités. Le leader des mauves réitère, par ailleurs, qu’il n’y a, à ce jour, aucune raison de se faire du souci quant à quelque supposée visée inavouable de l’Inde sur Agaléga. En vue de couper court aux rumeurs les plus folles, il demande aux autorités de rendre publics les trois protocoles d’accord signés avec la partie indienne concernant ce territoire mauricien. 
Paul Bérenger rappelle d’abord que lors de la visite au pays du Premier ministre indien Narendra Modi en 2015, l’Inde avait déjà avancé à Maurice une précédente ligne de crédit de $ 500 millions. « Sans jamais que l’on ne s’étendre sur les modalités de ce prêt, il avait déjà été question d’un emprunt obtenu à un taux concessionnaire», se souvient-il. Dans le cas de la présente ligne de crédit, le leader des mauves conteste l’affirmation du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, à l’effet qu’il s’agirait d’un prêt à un taux encore plus concessionnaire.
Il explique, à cet égard, que dans le cadre de sa politique de coopération, l’Inde avance généralement à des pays deux catégories de lignes de crédit : une première catégorie à des Low Income Countries à un taux d’intérêt de 1,5% et une deuxième à des Middle Income Countries à un taux d’intérêt de 1,75%. Or, rappelle-t-il, l’emprunt obtenu de l’Inde lors de la récente visite du Premier ministre à New Delhi est, lui, frappé d’un taux d’intérêt de 1,8%. « Certes, il nous faut remercier l’Inde pour son aide, mais il faut bien se dire que si c’était effectivement un prêt à taux concessionnaire les intérêts perçus auraient dû être de 1,5% », estime le leader du MMM.
Pour Paul Bérenger, il n’y aurait qu’une « seule raison » qui expliquerait le récent « départ précipité » de Pravind Jugnauth pour l’Inde en vue de négocier ce prêt : c’est le projet de Métro Express. Il assure que, selon ses informations, les deux soumissionnaires présélectionnés pour la réalisation du projet, à savoir AFCONS et Larsen & Taubro, étaient tous deux sur le point de se retirer de la course en raison de la contrainte budgétaire qui leur était imposée ; les autorités ayant, en effet, décidé que la réalisation du projet ne devrait dépasser les Rs 17 milliards.
Selon le leader du MMM, l’éventuel retrait des deux soumissionnaires avec pour éventuelle conséquence l’abandon du projet aurait constitué un véritable «fiasco politique». Paul Bérenger indique que, dorénavant, la population dans son ensemble attend « avec impatience » de prendre connaissance des offres qui ont été faites par les deux soumissionnaires et qui sont, actuellement, considérées par les techniciens de Singapore Corporation Enterprise. Il dit espérer que ces offres seront rendues publiques, de même que le projet de faisabilité amendé réalisé par les mêmes experts singapouriens.
Toujours au sujet de la récente visite du Premier ministre, Pravind Jugnauth, en Inde, Paul Bérenger critique ce qu’il appelle le « zigzag» de ce dernier qui, après avoir promis de négocier des fonds auprès de ses interlocuteurs indiens pour le repaiement des victimes des plans d’investissements du défunt groupe BAI n’en a, finalement, même pas parlé, le leader des mauves souhaite maintenant que le chef du gouvernement vienne au plus vite de l’avant avec la propositon alternative de financement de ces remboursements sur laquelle il dit être en train de travailler.
Budget : « Nouveau chapelet d’effets d’annonce»
Paul Bérenger constate aussi qu’une semaine après son retour au pays, Pravind Jugnauth n’a pas encore commenté la diffusion de la bande-son qui ferait état de «négociations» à Paris en avril 2015 entamées par les dénommés Sattar Hajee Abdula et Swadeck Taher avec le grand patron du groupe BAI, Dawood Rawat. Au cas où le Premier ministre ne s’avisait pas à s’expliquer sur ce sujet, le leader du MMM promet de le contraindre à le faire à la reprise des travaux parlementaires par le biais d’une interpellation en bonne et due forme.
Enchaînant avec la présentation du discours du budget, jeudi, il trouve que le calendrier arrêté donne le sentiment que le gouvernement veut en finir au plus vite avec les débats budgétaires. Sur le fond de la question lui-même, Paul Bérenger trouve comme dans le cas de celui de Vishnu Lutchmeenaraidoo avant lui, ce nouveau budget que présentera Pravind Jugnauth péchera par manque de crédibilité. « Une fois encore, ce sera un chapelet d’effets d’annonce comme l’an dernier », prévoit-il.
Pour lui, le Premier ministre et ministre des Finances poursuivra dans sa démarche de « manipuler les chiffres du déficit budgétaire et de la dette publique ». Pour cela, dit-il, Pravind Jugnauth évitera encore de recourir à la méthodologie établie selon les normes internationales pour déterminer les chiffres indicateurs. Paul Bérenger évoque, dans le même ordre d’idées, l’instrument créé pour canaliser le dernier prêt de $ 500 millions obtenu de l’Inde. Il le qualifie « d’astuce » utilisé pour que cet emprunt n’aille pas alourdir le niveau de la dette publique. « Mais un emprunt, c’est un emprunt», répète Paul Bérenger.
Le leader du MMM commente, d’autre part, la tenue éventuelle d’une partielle à Belle-Rose/ Quatre-Bornes au cas où le député Roshi Bhadain mettait à exécution sa menace de démissionner de l’Assemblée nationale. Paul Bérenger ne manque pas, d’abord, d’ironiser sur les nombreux « si » avec lesquels le leader du Reform Party a conditionné son éventuelle démission du Parlement. Il assure, quoi qu’il en soit, que le MMM présentera formellement un candidat si la tenue de cette partielle se précisait.
Le leader des mauves assure que le MMM a déjà diverses propositions de candidature dans l’éventualité d’une partielle à Belle-Rose / Quatre-Bornes et que d’autres propositions sont aussi examinées. Il estime que le gouvernement, « qui part battu », selon lui, à une éventuelle partielle au No 18 se défilera. Néanmoins, Paul Bérenger pense que la tenue d’une partielle ne fera que « faire perdre du temps au pays ».
Le leader du MMM considère, par ailleurs, « inacceptable » l’absence mercredi, d’une part, du Premier ministre, de l’autre, du ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, à la réunion du Comité parlementaire sur les Chagos qui a été, cette fois, présidé par le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth. Il souligne, à ce propos, la nature « solennelle » qu’aurait dû prendre cette réunion convoquée, rappelle Paul Bérenger, pour évoquer la question de notre souveraineté nationale.
Le leader des mauves qui s’offusque, de même, de la présence à la réunion de pas un seul officiel des Affaires étrangères déclare qu’il n’en dira pas plus à ce stade. Il confirme que ceux présents ont été informés que la résolution de Maurice sur les Chagos sera débattue et votée le 22 juin courant à l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Paul Bérenger est confiant que Maurice réclamera un breakdown du vote lors du scrutin.
Agaléga : «Publier les rapports pour fair taire les rumeurs »
Le MMM, indique aussi son leader, se joint à nombre de formations politiques à travers le monde pour déplorer la « très grave » décision du président américain, Donald Trump, de soustraire les Etats-Unis de ses obligations par rapport à l’Accord de Paris sur le Changement climatique. Paul Bérenger salue, dans la foulée, la « vigueur avec laquelle l’Union européenne (UE) et la Chine ont pris le leadership dans cette lutte contre le dérèglement climatique qui menace l’Humanité maintenant que le nouveau président Trump a choisi de défaire le bon travail du président sortant, Barack Obama ».
Mais même aux Etats-Unis, le leader du MMM trouve qu’il y a des raisons d’espérer. Il souligne, à cet effet, que nombre d’Etats et de villes américaines, de même que de grandes entreprises de ce pays, dont celles de l’industrie du pétrole, ont signifié leur intention de se conformer aux engagements qui avaient déjà été pris par le précédent locataire de la Maison-Blanche par rapport à l’Accord de Paris. Mais pour Paul Bérenger, la situation se révèlera, quand même, « très grave » si jamais le président Trump s’avisait à remettre en question l’engagement financier de l’ordre de $ 3 milliards qui avait déjà été pris par le précédent président Obama pour lutter contre le changement climatique au plan mondial.
Le leader du MMM rappelle que, dans le temps, sous le gouvernement MSM/MMM de 2000/2005, Maurice avait pris le leadership des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) dans la lutte contre le changement climatique. Il rappelle, à ce propos, la tenue chez nous d’une conférence internationale sous l’égide des Nations unies.
Paul Bérenger déclare que ce rôle d’avant-garde de Maurice au niveau des PEID dans la lutte contre le dérèglement climaque qui les affecte en premier avait été remis en question dès l’installation du gouvernement PTr/PMSD dirigé par Navin Ramgoolam. Selon lui, aujourd’hui, ce sont les Seychelles qui ont repris ce rôle d’avant-garde au niveau des PEID alors que Maurice peine à se faire entendre.
Par rapport aux projets de développement à venir à Agaléga avec l’assistance des autorités indiennes, le leader du MMM réaffirme qu’il n’y a aucune raison, à ce jour, de se faire du souci quant à quelque supposée visée inavouable des Indiens sur ce territoire faisant partie intégrante du territoire mauricien. Paul Bérenger précise, toutefois, que comme le MMM l’a toujours été pour tout ce qui touche à l’intégrité territoriale du pays, son parti « reste vigilant ». En vue de couper court à toute rumeur, le leader des mauves demande aux autorités de rendre publics les trois protocoles d’accord concernant Agaléga signés avec la partie indienne.
Ces accords sont (i) le Protocole de financement des projets à Agaléga ; (ii) le Detailed Project qui, selon une réponse parlementaire du ministre responsable des îles éparses, Mahen Jhugroo, allait être finalisé vers la fin d’avril et (iii) l’Accord de Sécurité Maritime qui, selon les explications du Premier ministre, ne comprend rien de controversable. Pour Paul Bérenger, c’est une raison de plus de rendre publics tous ces documents. Ce qui, pour lui, ne pourra que couper court aux rumeurs les plus alarmistes.