Le parc hôtelier mauricien affiche un taux d’occupation moyen de 85 % pour la période de fin d’année, selon le président de l’AHRIM, Gregory de Clerck. « Il reste encore de la disponibilité même si les établissements qui ont été plus forts commercialement affichent complets en ce moment », précise-t-il.
Dans une déclaration au Mauricien, Gregory de Clerck, président de l’Association des Hôteliers et des restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), reconnaît que les vols additionnels, qui ont été commercialisés plus tôt, ont été les mieux vendus. « Les quantités – sièges d’avion et chambres d’hôtels — en fait devraient idéalement se lisser tout le long de l’année, mais bien sûr ce n’est pas le cas. Il y a des moments forts et d’autres plus tranquilles. Les autorités justement, sous l’impulsion personnelle du premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, ont vu juste en s’attaquant frontalement à la problématique de la basse saison, c’est-à-dire, notre saison hivernale. L’apport de vols additionnels, les opérations de promotions plus intenses, la mise en oeuvre d’une identité mauricienne plus forte, plus affirmée, ont été déterminantes durant ces mois plus creux. Et le résultat final est remarquable », a-t-il expliqué.
Le président de l’AHRIM se dit encore plus confiant pour 2016 car selon lui, « l’expérience aidant, l’articulation des vols additionnels et des tarifs hôteliers plus attrayants sur des périodes de visibilité plus précises ne pourra que s’améliorer. »
Passant en revue la situation de l’industrie touristique pour l’année 2015, Gregory de Clerck déclare « qu’elle a été très bonne durant l’année écoulée ». « Le pays s’attend à recevoir 100 000 touristes de plus par rapport à l’an dernier. C’est une performance exceptionnelle si l’on considère que nous avons pu attirer en une seule année, autant de touristes supplémentaires qu’entre 2010 et 2014 », constate-t-il. S’agissant des recettes touristiques, le président de l’AHRIM observe que la Banque de Maurice a rectifié une anomalie en reconnaissant la part des dépenses de touristes qui transitent par les bureaux de change, ainsi que celle découlant de transactions commerciales réglées directement en devises étrangères. À la suite de cette correction, les recettes touristiques pour les six premiers mois ont atteint Rs 24,3 milliards de roupies, soit une moyenne de Rs 45 500 par touriste.
Concernant l’hébergement hôtelier, le taux d’occupation moyen des chambres durant l’année est en hausse et pourrait atteindre les 73 %, voire 74 %, pour l’ensemble de l’année, ce qui représenterait une hausse de plus de 8 % par rapport à 2014. « C’est un bond énorme qui fait du bien à toute l’industrie. Il faut savoir que ce taux moyen annuel n’avait jamais dépassé les 65 % depuis l’année 2008 », souligne Gregory de Clerck.
Le président de l’AHRIM constate que ces indicateurs nettement favorables devraient se refléter sur les bonnes performances au niveau des autres acteurs du tourisme – réceptifs, restaurateurs, transports, excursions, et commerces. « Nous notons surtout un intérêt renouvelé de l’aérien pour la destination Maurice. L’arrivée d’un grand nombre d’opérateurs étrangers en 2015 (dont TUI, Austrian, Lufthansa et Turkish Airlines) ainsi que l’augmentation de vols de lignes aériennes telles qu’Air Mauritius, Emirates, Condor, SAA, Air France et Air Seychelles confirment la confiance en hausse pour notre destination. À ce jour, le nombre de sièges vers Maurice a augmenté de 8,4 % et jusqu’à la fin de l’année, cette hausse sera encore plus importante », soutient Gregory de Clerck.
Invité à dire si l’endettement des hôtels plombe les profits opérationnels, il estime que « l’endettement trop élevé demeure un souci majeur ». Il relève toutefois que des solutions existent pour alléger ce fardeau. De nombreux instruments de rééchelonnement de dettes, d’amélioration de la trésorerie ainsi que d’augmentation des capitaux propres ont été utilisés avec plus ou moins de succès par les différents hôtels. De plus, la mise en place d’un nouveau régime d’Invest Hotel Scheme apporte une solution supplémentaire à l’industrie. Le maintien d’une roupie compétitive est aussi un facteur très important. « Je reste optimiste quant à une amélioration significative de notre situation d’endettement. D’ailleurs en 2015, le grand nombre d’investissements, de rénovation, voire de montée en gamme, illustre bien ce sentiment de renouveau et de regain de vigueur dans le secteur », a conclu Gregory de Clerck.