Près de 24 % des femmes sont victimes de violence basée sur le genre à Maurice, y compris la violence entre partenaires et non partenaires. C’est le constat du rapport  « War @ Hope »  de Gender Links qui a été rendu public jeudi après-midi au Hennessy Park, à Ebène, par la ministre de l’Égalité des genres Mireille Martin.Ce rapport estle résultat d’un sondage mené en 2010-2011 auprès d’un échantillon de 679 femmes et 678 hommes qui ont répondu à plus de 300 questions  axées sur le comportement et les expériences relatives à la violence sexiste.
Selon le rapport, une femme sur 20, soit 5%, a fait l’expérienced’une violence intime dans le couple (Intimate Partner Violence-IPV) durant les12 mois précédentce sondage. Il a aussi été observé que 4 % des hommes ont reconnus avoirperpétré cette même violence.Le rapport fait aussi mention que uniquement 0.3 % des Mauriciennes victimes de violence domestique ont rapporté les cas à la police durant cette période et que la prévalence descas de IPVest 15 fois plus élevée que le nombre de cas rapportés.
Interrogée au téléphone par Week-End, la directrice de Gender Links à Maurice, Loga Virahsawmy, a tiré la sonnette d’alarme. « Daprès le rapport, les chiffres montrent clairement que le niveau de violence basée sur le genre est plus haut que celui rapporté dans les statistiques officiels. Ce rapport montre également qu’il existe 11 fois plus de viols et 61 fois plus de harcèlement sexuel qui existent à Maurice que les statistiques officielles. C’est triste et surtout très grave », déplore-t-elle.
Face à la gravité de la situation, Loga Virahsawmy affirme que le Gender Links continuera à tout mettre en oeuvre pour trouver des solutions concrètes à ce fléau. »La violence basée sur les genres est un problème qui concerne tout un chacun. C’est pour cela, au niveau de la Gender Links, nous tenons à travailler main dans la main avec la presse mauricienne dans le but d’informer un maximum de personne sur ce problème. L’année prochaine, mettrons sur pied une campagne de sensibilisation dans les différents villages, nous travaillerons également en collaboration avec les municipal councils et les collectivités locales pour mener à bien notre mission », explique-t-elle.La directrice de Gender Links a lancé un appel « aux autoriés concernées afin que celles-ci apportent leurs aides et leurs contributions dans des campagnes d’informations ». « Je trouve dommage que les gens ne soient pas au courant des lois existantes pour défendre leurs droits. Nous espérons que notre appel sera entendu. Nous sommes convaincus que nous pouvons aider ceux et celles qui sont dans le besoin afin de trouver des solutions concrètes aux problèmes de violence basée sur le genre », dit-elle.