La propension à recourir aux actions industrielles pour régler les conflits au niveau des entreprises est plus prononcée que la volonté des améliorations acceptables mutuellement, a observé le président de la Mauritius Employers Federation (MEF) à l’ouverture de l’Assemblée générale annuelle de l’organisation ce matin. Pour sa part, le secrétaire permanent du ministère du Travail et des Relations industrielles Ram Prakash Nowbuth a observé qu’alors que Statistics Mauritius estime à 49 000 le nombre de chômeurs à Maurice, seulement 37 000 étaient enregistrés dans les bureaux de l’emploi à travers l’île durant la même période. Et d’annoncer que les consultations en vue d’introduire un salaire minimum national sont en cours et que le Bureau international du travail (BIT) a déjà procédé à la nomination d’un consultant pour aider les experts.
Vincent de Labauve d’Arifat a observé qu’au niveau des relations industrielles l’année dernière, le climat a été stable, à l’exception de quelques cas sporadiques qui ont été réglés de manière raisonnable. Pour lui, on se souviendra de l’année 2013 comme celle durant laquelle une série d’amendements ont été apportés aux législations concernant le travail, sans consultations adéquates avec les employeurs. « Employers are now worried of the extent of prescription that our labour laws have introduced within the employment relationship and of policy reversals on many fundamental issues. Dozens of amendments have been brought last year and the latest onens have been around the eve of Chrismas. MEF is concerned with this growing corpus of regulations », a dit M. D’Arifat.
Il estime que le gouvernement aurait dû, au fur et à mesure que les nouvelles dispositions légales sont adoptées, « effacer les anciennes ». De plus, la mise en oeuvre de ces nouvelles dispositions coûte de plus en plus cher, a poursuivi  M. D’Aririfat. Et d’estimer qu’une évaluation (“regulatory impact assessment”) s’avère nécessaire avant l’introduction de toute nouvelle législation. Le président sortant de la MEF a aussi constaté que les réformes dans les lois du travail initiée depuis 2008 « jettent les bases pour une nouvelle ère dans la gestion des relations » industrielles. « L’essence de ces législations est que les termes et les conditions des emplois sont mieux réglementés entre les parties concernées à travers des négociations collectives. » Il observe ainsi : « However six years after coming into force, when we assess to what extent these laws have achieved this objective, we can only conclude that it is very  difficult, not to say quasi-impossible, to engage into good faith bargaining and negociate valid collective agreements. »
Il attribue cette situation à la révision continue des “Remuneration Orders” et le recours aux « négociations de surface ». Ce qui explique que la propension à avoir recours aux conflits est plus prononcée que la volonté de trouver des amélioration à travers le dialogue, estime-t-il.
Le président de la  MEF a aussi expliqué que la réforme de la MEF, qui date de 50 ans, est en cours. Le conseil de la MEF s’est penché sur cette question tout au long de l’année dernière afin de consolider ses forces et corriger ses lacunes et ses déficits. Le “Restructuring Committee” institué l’année dernière poursuit ses consultations.
Auparavant, le président de la MEF avait observé que la croissance économique sera cette année de l’ordre de 3,7%. « L’économie commence à reprendre  mais la situation est encore fragile », a-t-il dit.
Pour sa part, Ram Prakash Nowbuth, qui remplaçait le ministre du Travail et des Relations industrielles Shakeel Mohamed, a expliqué que huit des 26 activités du “Decent Work Cooperation Country program” du BIT ont été exécutée. Sur le chapitre de l’emploi, il a observé qu’alors que le bureau des statistiques estime à 49 600 le nombre de chômeurs, les bureaux de l’emploi n’en ont enregistré que… 37 000. De ce chiffre, 17 390 sont des chomeurs « réels » alors que 20 000 auraient des emplois occasionnels. Des 17 390 chômeurs enregistrés, il estime que 2 831 cherchent un emploi uniquement dans le secteur public. Ce qui l’amène à estimer le nombre réel de chômeurs à seulement 14 000. Le paradoxe, selon lui, est que les entreprises mauriciennes ont recours à 39 000 travailleurs étrangers alors que 14 000 personnes  cherchent du travail. « Cela démontre que les aspirations sont en train de changer », a dit M. Nowbuth. Et d’annoncer que, sur 12 000 plaintes enregistrées, 10 000 ont été réglées. Il a de plus précisé que Maurice a adhéré à la Maritime Labour Convention, avant d’annoncer que des consultations sont en cours en vue de l’introduction d’un salaire minimum national. Il s’est finalement réjoui des bonnes relations entretenues entre le ministère et la MEF.