Il y a près de trente ans, tous les moyens ont été utilisés pour combattre la drogue, son trafic, et les drogués. Ce fut un massacre.
Il y a eu, certes, une campagne pour la réhabilitation des drogués à Maurice. En vain. Même avec l’introduction de la brigade spéciale, les drogues dures ont continué à entrer par le port et l’aéroport. Principalement l’héroïne.
La Commission Rault et le Select Committee sur la drogue ont fait plus de mal que de bien. On a fait un amalgame inacceptable entre les différentes drogues, et elles ont toutes été classifiées comme des drogues dangereuses.
Entre les années 1980 et 1983, du brown sugar a été distribué à bon marché à Maurice. Tous les vendeurs de cannabis en ont ainsi vendu. Une pénurie provoquée de cannabis a ensuite suivi,  causant une ruée vers les drogues dures. La situation n’a pas changé aujourd’hui. Nous avons eu l’émergence de groupes combattant la consommation de drogues dures, et des travailleurs sociaux antidrogue, toutes drogues confondues.
Ce que personne n’ose dire, c’est que la drogue est souvent utilisée par les gouvernements pour combattre la révolte des chômeurs et les contestations politiques. Cela a été le cas aux Etats-Unis, après la guerre du Vietnam, pour ces soldats américains déboussolés par la défaite et traumatisés par ce qu’ils avaient vu et fait au Vietnam. La drogue est aussi utilisée dans le but de réduire la délinquance.
Aujourd’hui, avec l’introduction de la Méthadone, la situation a empiré. La Méthadone est une drogue créant une addiction plus forte que l’héroïne. Sans oublier le nombre de morts par infection. La liste d’attente pour la Méthadone est longue, et cela revient à distribuer de la drogue dure gratuitement.
Je connais personnellement un ami qui avait une vie sociale et familiale très correcte, mais qui, après avoir connu la prison pour possession d’un pouliah de gandia, est aujourd’hui toxicomane et porteur du VIH. La prison dans les faits aggrave la situation considérablement.
Nous souhaitons tous une société meilleure et durable. La légalisation doit s’adapter à la société. Un fumeur de cannabis n’est pas un drogué. Fumer du cannabis est un mode de vie. Une des solutions pour éradiquer la prolifération de drogues dures, et la pauvreté qui en découle, demeure la décriminalisation de la consommation du cannabis.
C’est un grand débat dans plusieurs pays, et ce débat doit se faire à Maurice. Cette décriminalisation va aussi arrêter la propagation du Sida et de l’hépatite, et démanteler le commerce des drogues dures. Commerce qui est vecteur de plusieurs formes de violence et de crime. Je suis donc en faveur de la décriminalisation des drogues dures. Mais pour ne pas encourager leur consommation, il faudra renforcer le combat contre le trafic de drogues dures, et réfléchir sur la légalisation de la consommation du cannabis.