Après la divine prestation de l’Orchestre du conservatoire de musique de Tianjin et celle de l’Orchestre du conservatoire de musique François Mitterrand la semaine dernière au siège du Centre culturel chinois, à Bell-Village, le public aura cette fois l’occasion de découvrir l’opéra de Beijing sur la scène du J&J Auditorium, à Phoenix, ce mercredi 6 juillet dans le cadre d’une semaine culturelle chinoise qui sera en outre marquée par un festival de films et une exposition.
Créé en 1795, l’opéra de Beijing, quintessence même de la culture chinoise, fut inscrit sur la liste du patrimoine immatériel par l’Unesco en novembre 2010. Selon une brochure diffusée par le Centre culturel chinois, en marge de ce spectacle, il est présenté comme « une représentation vivante du théâtre classique chinois » que ce soit « en termes des particularités artistiques, des moyens qu’il se donne pour l’interprétation et les effets esthétiques ». L’opéra de Beijing sera connu pour « la division des rôles et la construction de l’intrigue ». Ainsi, dès le début de leur formation, « les acteurs de cet opéra se font attribuer des rôles d’homme ou de femme ayant différentes caractéristiques en termes de sentiment, de tempérament et de moralité, en fonction de leur âge et de leur condition physique ». Les rôles sont ensuite subdivisés. Le Jing (visage peint) qui peut être un personnage truculent, chevaleresque, fougueux audacieux ou sournois, et le Chou (le Clown) qui joue le rôle du comique ou du vulgaire, sont des caractères importants. La division des rôles permet ainsi aux spectateurs de suivre le comportement de chaque personnage, de son destin et de ses sentiments.
La deuxième caractéristique de cet opéra porte sur « la standardisation de l’interprétation artistique » qui permet de mieux faire ressortir « les caractères des différents personnages dans chaque pièce ainsi que les circonstances dans lesquelles ils se trouvent ». La composition des motifs et l’emploi des couleurs sur les masques correspondent aux caractères des personnages, par exemple le rouge symbolise la fidélité ; le jaune, la férocité ; le bleu, le caractère rugueux ; le vert, le caractère emporté ; le noir, l’impartialité ; le blanc, la sournoiserie ; et l’or et l’argent les divinités et les démons.
La troisième caractéristique renvoie au style “xieyi”, un terme chinois émanant des critères esthétiques de la théorie picturale de l’antiquité chinoise. Il cherche « à donner aux spectateurs de larges espaces d’imagination, au lieu de mettre en relief le concret en termes de contenu scénique et d’art de l’interprétation ». Ce qui est important pour l’opéra : « Rendre le contenu scénique encore plus magnifique et riche en créativité et en imagination afin de renforcer l’expression artistique à travers la représentation en style xieyi des acteurs », fait ressortir la brochure. Découverte donc de cet opéra, avec la présence scénique de 73 artistes chinois, ce mercredi au J&J Auditorium à 19 h 30.