Les dévots catholiques observent aujourd’hui le jeudi saint, soit le début du Triduum Pascal. Ils commémorent la dernière Cène, le dernier repas que Jésus a partagé avec ses disciples. C’est aussi ce jour-là que Jésus a procédé au lavement des pieds de ces derniers, signifiant par ce geste qu’il est venu au monde pour servir. Pour le père Patrick Fabien, curé de la paroisse de Saint Patrick, la semaine sainte est comme « la nuit noire où Dieu nous rejoint en épousant la mort et la souffrance que vivent les hommes ». Le prêtre revient sur les points saillants de cette semaine.
La semaine sainte démarre avec le dimanche des Rameaux, où Jésus est accueilli en triomphe à Jérusalem par des rameaux. « Cette semaine commémore les derniers jours de Jésus sur terre avant qu’il ne soit livré par le traître, Judas, le jeudi saint dans le jardin de Gethsémani. Juste avant d’être livré, il décide de partager le dernier repas avec eux en leur disant d’en faire mémoire après sa mort. Jésus leur dit qu’à chaque fois qu’ils prendront l’Eucharistie, qui représente son corps et son sang, de penser que c’est sa vie qu’ils mangent et boivent. Jésus passe devant le tribunal des Juifs car on l’estimait coupable de s’être fait passer pour le fils de Dieu. Le sanhédrin qui s’occupait des affaires religieuses n’avait aucun pouvoir de condamner une personne à mort. Il le remet à l’autorité romaine, Ponce Pilate. Ce dernier dit qu’il ne trouve rien à reprocher à Jésus et qu’il le relâche. Mais, l’on proteste et propose de relâcher plutôt le criminel Barabbas. Pilate, ayant peur de la foule et de Rome, lave ses mains et Jésus est condamné. C’est ce qu’on appelle le chemin de croix. Jésus marche jusqu’à Golgotha, un monticule, où on dresse la croix. Il s’agit pour l’époque de la condamnation la plus abjecte qui existe, comme la guillotine ou la pendaison pour l’époque plus moderne. Il est mis au dernier rang, meurt et est mis au tombeau le vendredi saint », rappelle le père Fabien. La mort de Jésus est décrite par le prêtre comme « une nuit noire où Dieu nous rejoint parce qu’il épouse la mort et la souffrance comme les humains. Il n’a pas essayé de faire des discours mais a partagé la vie humaine avant de ressusciter le troisième jour ». Le message qui en découle, c’est que « Dieu est avec nous. Dans la Bible, même avant l’arrivée des chrétiens, Dieu est décrit comme celui qui est avec nous ».
En cette semaine sainte, poursuit le père Fabien, les fidèles sont appelés à se rappeler ce moment, notamment le chemin de croix, le Jeudi saint, le lavement des pieds « qui représente l’identité même des chrétiens, invités à se mettre au service des autres ». La souffrance de Jésus touche les familles qui vivent des souffrances de toutes sortes. « On n’est pas seul dans la souffrance, on espère dans la souffrance ». Le père Fabien ajoute : « Il nous faut contempler le Christ en croix et on trouvera le message à notre vie, la réponse à notre question. On peut voir à la fois un Christ souffrant, un Christ amour car c’est par amour qu’il est mort. Cela nous rappelle l’amour immense de Dieu pour nous. Nous pouvons aussi voir le visage de Jésus défiguré par la souffrance. » Ce qui nous renvoie, dit le prêtre, à « notre propre visage, défiguré par la jalousie, l’égoïsme. Chaque personne, dépendant de ce qu’elle est, trouvera la réponse en contemplant le Christ en croix ».