L’Accord de Paris sur le changement climatique a constitué une avancée majeure du multilatéralisme dont l’Union européenne et la République de Maurice peuvent être fières. Les progrès accomplis concernant sa ratification sont extraordinaires. L’Accord, entré en vigueur le 4 novembre  2016, a été ratifié par 147 pays et par l’Union européenne.
Il faut toutefois se garder de tout triomphalisme et tout mettre en oeuvre pour traduire nos paroles en actes afin que la vision d’un avenir à faible taux d’émission et résilient face au changement climatique puisse réellement se concrétiser.
Dans un communiqué conjoint daté du 1er juin, l’Union européenne (UE) et l’Union africaine ont réaffirmé leur ferme résolution en faveur de la mise en oeuvre intégrale de l’Accord de Paris et ont invité tous les partenaires à maintenir la dynamique créée en 2015. Changements climatiques et énergies renouvelables figureront d’ailleurs à l’ordre du jour du prochain sommet Afrique-UE organisé à Abidjan les 29 et 30 novembre prochains.
Nous estimons que la lutte contre le changement climatique offre des perspectives considérables pour développer de meilleurs moyens de production et de consommation, investir, entretenir des liens commerciaux, et pour protéger nos vies, nos ressources et nos moyens de subsistance. Pour concrétiser la transformation sociale et économique dont le monde a tant besoin, il est essentiel que les objectifs de réduction des émissions et les plans et stratégies d’adaptation annoncés par les pays soient traduits, dès à présent, en politiques et en mesures concrètes applicables dans tous les secteurs de l’économie. Car l’intention seule n’est pas gage de réussite.
L’Union européenne et ses États membres sont déterminés à jouer pleinement leur rôle dans la mise en oeuvre de l’Accord de Paris, sur leur territoire et au niveau international. L’Europe a fourni et continuera de fournir un soutien financier important en faveur de l’action pour le climat dans ses pays partenaires. Pour la seule année 2015, le montant de l’aide européenne s’est élevé à 17,6 milliards d’euros.
Les pays développés ont la responsabilité particulière de jouer un rôle de chef de file dans leur action nationale comme dans leur soutien en faveur des pays les plus vulnérables pour permettre la transition vers des économies sobres en carbone et résilientes face au changement climatique.
L’UE et ses Etats Membres résidents, la France et le Royaume Uni, reconnaissent la vulnérabilité de la République de Maurice aux effets du changement climatique en tant qu’état insulaire. Ceci explique nos engagements à soutenir le pays pour élaborer des plans nationaux pour le climat et le développement durable, l’intégration de la réduction des risques de catastrophes naturelles dans les politiques nationales et l’adoption de modes durables de consommation et de production. Maurice bénéficie de l’appui de l’UE à travers différents instruments bilatéraux dans les domaines de l’agriculture raisonnée et de la transition écologique et des programmes régionaux, mis en oeuvre par la Commission de l’océan indien (COI), notamment le Programme Energies Renouvelables et Efficacité Energétique, et le Programme ISLANDS dont l’une des principales composantes est la plate-forme régionale responsable de trouver des moyens de protéger les pays contre les risques financiers liés aux catastrophes naturelles.
Partenariat renforcé
Maurice et l’UE sont déterminés à mettre en oeuvre l’Agenda des Nations unies pour le développement durable de 2030 et les dispositions de l’Accord de Paris. Ils ont convenu d’établir un dialogue sur la politique sectorielle dans le domaine du changement climatique qui permettra de renforcer leur partenariat.
Outre l’élaboration de stratégies d’action à long terme pour le climat, il est urgent que nous prenions tous des mesures. En novembre prochain, les pays concernés se réuniront à Bonn lors de la COP23 pour poursuivre la tâche ardue qui consiste à traduire l’accord politique conclu à Paris en actes concrets.
L’année prochaine constituera une autre étape importante avec le « dialogue de facilitation »  qui sera la première occasion depuis Paris d’examiner les efforts collectifs que nous avons entrepris pour limiter le réchauffement de la planète. Ce sera également le moment d’évaluer nos véritables accomplissements au regard des engagements contractés. Ce sera le moment de démontrer notre capacité à donner suite aux engagements pris par nos dirigeants à Paris. Il est important que  Maurice mette en oeuvre sa Contribution Nationale et adopte la feuille de route.
Et les gouvernements ne sont pas les seuls à agir. Les défis mondiaux liés au climat sont d’une diversité et d’une ampleur sans précédent. Les entreprises, les villes, les régions et la société civile ont toutes un rôle crucial à jouer pour concrétiser les mesures qui changeront véritablement la donne. Nous avons besoin d’une coopération et d’une coordination renforcées entre les gouvernements, la société civile, le secteur privé et d’autres acteurs clés. Nos interventions ici à Maurice favorisent le partenariat entre ces différents types d’acteurs car ce n’est qu’en agissant ensemble que nous réussirons à atteindre le niveau d’ambition que nous nous sommes fixé et que nous répondrons aux attentes des générations futures.
L’Accord de Paris a marqué un tournant dans la lutte pour la protection de la planète pour les générations à venir. Nous devons maintenir cet élan car il se traduira par de véritables avancées: de plus faibles émissions, une sécurité et une efficacité énergétiques accrues, une croissance portée par l’innovation, des créations d’emplois, des sociétés plus résilientes et un meilleur environnement. Il y a beaucoup de travail à accomplir et nous nous réjouissons d’avance de poursuivre notre partenariat avec la République de Maurice.