Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a plaidé hier pour le maintien des subventions et des plans d’encouragement aux industries locales. Il est intervenu à l’hôtel Maritim lors d’un séminaire de trois jours organisé sous l’égide de l’Organisation mondiale du Commerce et axé sur le thème « WTO Agreement on Subsidies and Countervailing Measures ».
Alors que l’OMC prône l’abolition des subventions accordées par les États membres à leurs industries nationales, arguant que les différentes formes de subsides faussent la concurrence à l’échelle mondiale, Vishnu Lutchmeenaraidoo a soutenu que Maurice a encore besoin d’une politique de subventions et de mesures incitatives pour ses industries afin de pouvoir poursuivre son développement économique. Ainsi, dans un communiqué émis par son ministère, le ministre des Affaires étrangères a, lors de son discours inaugural, insisté sur le fait que les subventions et les mesures incitatives « sont des outils vitaux de développement qui nous permettront de sortir du “mid-income trap” ; nous nous engageons dans la voie d’une économie à hauts revenus ».
Dans sa déclaration à l’adresse de l’OMC, le ministre a soutenu que Maurice a encore besoin d’une politique de subventions et de mesures incitatives. Il estime qu’il est hors de question de suivre les règlements de l’OMC sans se poser de question, ajoutant que le pays « ne compte pas renoncer à sa décision souveraine de maintenir ou d’abolir les subsides ». Maurice, a-t-il soutenu, n’a ni la taille critique ni les moyens de concurrencer les grandes économies à armes égales.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a indiqué que les petits États, comme Maurice, ont été exclus injustement des négociations qui avaient abouti à l’accord de l’OMC sur les subsides et les mesures compensatoires. Les grandes puissances économiques, a-t-il ajouté, avaient maintenu une mainmise sur les négociations et ont pu ainsi préserver de manière arbitraire des programmes de subvention au bénéfice de leurs industries.
Faisant référence à la récente introduction du SME Development Scheme pour galvaniser le secteur des petites et moyennes entreprises, le ministre a observé que les plans d’encouragement seront nécessaires pour faire décoller les nouveaux secteurs tels l’économie océanique et le Maritime Hub. Vishnu Lutchmeenaraidoo a expliqué comment, dans les années 70 et 80, les plans d’encouragement ont aidé l’industrie manufacturière, les secteurs du tourisme, les services financiers et le port franc à se développer. « Cette approche a aujourd’hui encore toute sa pertinence face aux enjeux de la croissance et de création d’emplois », fait ressortir le communiqué du ministère des Affaires étrangères.