Afin de marquer la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, les organisations non-gouvernementales SAFIRE et TIPA présentent leur premier festival du film. Quatre documentaires, réalisés par des jeunes en situation de rue, seront projetés au cinéma Star à Bagatelle à 18 h le mardi 20 novembre. Un débat s’ensuivra, en présence de Trond Waage, expert international pour les droits de l’enfant.
Cette année, le Service d’Accompagnement, de Formation, d’Intégration et de Réhabilitation de l’Enfant (SAFIRE) change d’approche pour sensibiliser sur les droits de l’enfant. « Au lieu de toujours dire ce que nous voulons pour les enfants, nous avons préféré leur donner la parole. Ces documentaires ont été réalisés par les jeunes eux-mêmes. Ils ont choisis leurs propres thèmes », dit Nargis Bundhun.
Pour ce projet, SAFIRE a travaillé en partenariat avec l’ONG Terrain for Interactive Pedagogy through Arts (TIPA). Deux groupes d’enfants de Riambel et deux autres de Bambous et Camp-Levieux ont été encadrés par François Wiehe et Vivek Beergonut de Grand Soleil Films. Chaque documentaire permettra de découvrir le quotidien des enfants en situation de rue à Maurice. Nitish, de Camp-Levieux, confie que son groupe a travaillé sur le thème de la musique. « Nous avons voulu montrer les talents de notre quartier », dit-il.
Les enfants de TIPA ont eux réalisé des peintures sur le droit à l’expression. Celles-ci seront exposées également au Star de Bagatelle, à l’occasion de la projection des documentaires. Selon Felipe Franco, Project Manager de TIPA, cette expérience a été très positive. « Nous avons décidé d’introduire le thème du droit à l’expression parmi nos activités en 2013. »
Ce premier festival du film sera marqué par la présence de Trond Waage, expert international en droits de l’enfant. Il a été le premier Ombudsman pour les enfants en Norvège et agit actuellement comme conseiller spécial auprès du centre international de recherches à l’UNICEF. Il participera au débat prévu après la projection des documentaires.
S’exprimant sur les droits de l’enfant, il rappelle que cette année, cela fait 22 ans depuis que la Convention existe. « De par le monde, il y a eu des réformes au niveau des lois, mais des efforts restent à faire en ce qui concerne l’implémentation. »
Les principaux obstacles, selon lui, viennent du fait que les gouvernements ne comprennent pas la nécessité d’investir dans les enfants. « La base de tout développement d’une société repose sur le bien-être de l’enfant. Investir dans un enfant c’est investir dans l’économie, dans le social, dans le futur… »
Trond Waage rappelle également que chaque cinq ans, les pays signataires de la Convention des droits de l’enfant doivent soumettre leur country report. Il souhaite que les quatre documentaires réalisés dans le cadre du festival fassent partie du dossier des ONG.