Le Mauricien Sookraj Coonjul ne pourra pas voyager en France, où il s’est établi, pour suivre ses traitements médicaux. Aussi a-t-il demandé un « variation order » afin d’être autorisé à quitter le pays car étant considéré invalide depuis un accident du travail. La magistrate Darshini Gayan a rejeté sa demande, stipulant qu’il n’a pu prouver que les médicaments requis ne sont pas disponibles à Maurice. Elle a de plus estimé trop grande la possibilité que le suspect prenne la fuite, celui-ci ayant aussi la nationalité française et sa famille étant établie en France.
Sookraj Coonjul avait été condamné à un an de prison en juin 2015 avec ses deux acolytes sous trois chefs d’accusation, soit de blanchiment d’argent, de possession illégale de drogues et de non-conformité à la Pharmacy Act. Il lui avait été reproché d’avoir importé 36 770 comprimés de Topalgic, répertorié dans la Dangerous Drugs Act, lorsqu’il était venu en vacances à Maurice. Il avait par la suite vendu lesdits comprimés à une pharmacienne, laquelle a été condamnée à un an de prison, de même que son mari. Sookraj Coonjul devait toutefois faire appel de la sentence, le procès ayant été fixé au 11 juillet 2016. D’ici là, il a demandé à pouvoir voyager en France pour y suivre ses traitements, indiquant qu’il se conformera à toutes les conditions qui lui seront imposées. Toutefois, la police a objecté à sa demande, stipulant que le suspect pourrait très bien ne pas revenir à Maurice puisqu’ayant la double nationalité, soit mauricienne et française. En outre, selon la police toujours, Sookraj Coonjul pourrait voyager en France grâce à un « travel document », valable malgré le fait que ses deux passeports aient été confisqués.
Le demandeur, pour sa part, a affirmé avoir été arrêté en 2006 dans le cadre de cette affaire et qu’il avait été autorisé à quitter le pays pour la France avant sa condamnation à 28 reprises. Il avait à cet effet signé deux reconnaissances de dettes de Rs 800 000 et Rs 200 000. Il souligne que sa femme et ses enfants sont établis en France et que, pendant ses vacances à Maurice, il réside au domicile familial, à Fond-du-Sac. Le demandeur soutient par ailleurs avoir été jugé invalide après un accident du travail, raison pour laquelle il a besoin de traitements continus en France. Mais la magistrate a conclu, en se basant sur les documents du médecin traitant du demandeur à Maurice, que les traitements et médicaments requis sont disponibles à Maurice. De ce fait, en sus du risque que le suspect ne revienne pas affronter la justice mauricienne, elle a donc rejeté sa demande.