Le principal animateur de l’Observatoire de la démocratie, Jack Bizlall, réclame à la Financial Services Commission Mauritius et à la Banque de Maurice d’initier une enquête sur les activités de la Mauritius Civil Service Mutual Aid Association et sur celles des banques commerciales du pays. Suite à des nombreuses plaintes reçues, l’activiste social les accuse « d’abus de pouvoir » au détriment de leurs clients.
« Suite aux nombreuses plaintes que l’Observatoire de la démocratie a reçues ces derniers temps, n’est-il pas temps pour la Financial Services Commission Mauritius (FSCM) d’ouvrir une enquête sur les activités de gestion de la Mauritius Civil Service Mutual Aid Association (MCSMAA) ? » s’est demandé le principal animateur de l’Observatoire de la démocratie, l’activiste social Jack Bizlall. C’était lors d’une rencontre avec la presse qu’il animait au Centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis. Il était entouré de la présidente de l’Observatoire de la démocratie, Rehana Gafoor, et du négociateur syndical Ivor Tan Yan, entre autres.
« Ne serait-il pas souhaitable qu’une enquête vérifie la manière dont la MCSMAA attire les déposants et le taux d’intérêt qu’elle paie sur ces dépôts de même que le taux qu’elle pratique sur les emprunts ? », poursuit Jack Bizlall. Selon l’activiste social, la MCSMAA offrirait un taux d’intérêt « bien au-dessus » de celui des banques commerciales pour attirer les dépôts et imposerait, en revanche, un taux d’intérêt en plus au-dessus des taux bancaire sur les emprunts (soit de 9,45% actuellement).
« En outre, souvent, la MCSMAA octroie des emprunts à des employés bien au-delà de leurs capacités de repaiement, ce qui constitue une infraction à la Section 22 de l’Employment Rights Act (ERiA). C’est un scandale », s’indigne Jack Bizlall. En effet, cette section de l’ERiA stipule : « No employer shall deduct any amount from a worker’s remuneration, which in the agreegate exceeds one half of the worker’s remuneration for any period. »
« Si l’employeur applique cette clause de la loi, mais autorise une association d’entre-aide à accorder un gros montant dont la déduction représenterait plus de 50% de ses rémunérations, l’accumulation des intérêts non payés et le paiement des intérêts sur des intérêts ruinent les emprunteurs », commente Jack Bizlall.
Et l’activiste social de s’interroger : « La Banque de Maurice permet aux banques commerciales l’accès aux comptes bancaires des individus justement pour que les déductions soient sous contrôle. La MCSMAA a-t-elle accès à cette banque d’information ? Et ne doit-on pas réglementer la pratique de l’anatocisme (règle financière selon laquelle les intérêts produits par un capital sont intégrés au capital et produisent eux-mêmes des intérêts, Ndlr) ? Nous le pensons. »
Jack Bizlall fait observer que la MCSMAA est autorisée à accorder des emprunts aux employés de la fonction publique et à ceux de 225 autres organisations du secteur non gouvernemental. « Ce sont autant d’emprunteurs assurés alors que n’importe qui peut déposer de l’argent à la MCSMAA », précise-t-il. « On peut bien accepter que les intérêts payés soient de 2% supérieurs au taux offerts par les banques commerciales, et ainsi comprendre pourquoi des millions sont transférés des banques à la MCSMAA. Mais en contrepartie, les emprunteurs doivent payer des intérêts d’au moins 1% moins que les intérêts réclamés par des banques commerciales. C’est pourquoi nous arguons que ces organisations non gouvernementales doivent limiter leurs prélèvements. Imaginez un instant que la bulle de la dette créée par cette association éclate : toutes les personnes qui déposent leurs épargnes vont éclater avec. Je ne cherche pas à paniquer qui que ce soit, ce n’est certes pas un “Ponzi Scheme”, je précise, mais c’est un “Ponzi-like Scheme” », élabore l’activiste social.
Fort de ces craintes, Jack Bizlall dit avoir écrit à la FSCM. « Cette dernière a référé la plainte à la Banque de Maurice (BoM), qui nous a donné rendez-vous le 2 mars pour discuter de la question », a-t-il annoncé. « Nous insistons que la MCSMAA agit comme une banque et doit être classée ainsi. Nous contestions ce système de garants, où trois personnes sont “enchaînées”, ses différents “loans schemes”, son esprit vampirisant (de part ses taux d’intérêt excessif à l’emprunt) et ses liens avec les gros déposants », conclut-il.