Récemment en visite pour animer un atelier de travail sur la neonatal ventilation, le Dr Pravin Kumar et le Dr Ashok Kumar Deodari, deux spécialistes en néonatalogie de l’Inde, ont fait un constat de la situation de la néonatalogie à Maurice. Au Mauricien, les deux spécialistes indiquent que notre île a encore beaucoup à apprendre dans la prise en charge des nouveau-nés.
Pour le Dr Deodari, le personnel des hôpitaux « still have to learn about the basic treatment that should be given to a new born ». Les deux spécialistes recommandent, en outre, la mobilisation des moyens nécessaires pour la prise en charge des nouveau-nés. Ils ont évoqué la formation de spécialistes en néonatalogie, la partie de la pédiatrie qui s’occupe du nouveau-né. Les chiffres officiels du ministère de la Santé le démontrent, la néonatalogie est très peu pratiquée à Maurice, avec aucun spécialiste dans la santé publique et seulement deux dans le privé. Il existe uniquement deux unités néonatales, l’une à l’hôpital Victoria, l’autre à l’hôpital du Nord. Pourtant 14 292 naissances ont été enregistrées en 2010, dont 11 173 dans des hôpitaux publics. En 2010, le taux de mortalité néonatale était de 8,5 sur chaque 1 000 naissances, alors que le taux de mortalité infantile était de 12,8. Si les deux spécialistes indiens reconnaissent que le taux de mortalité infantile n’est pas alarmant comparé à d’autres pays, ils estiment toutefois que le service de santé publique doit accorder une attention particulière aux nouveau-nés.
Invités par le D.Y Patil Medical College, le week-end dernier, le Dr Pravin Kumar et le Dr Ashok Kumar Deodari ont animé une conférence sur la neonatal ventilation à l’hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle, soit comment traiter les problèmes respiratoires chez les nouveau-nés afin d’éviter les complications futures. Cette rencontre scientifique était la première du genre en matière de communication pour les médecins de la santé publique. Les deux spécialistes, qui ont aussi eu l’occasion de visiter des hôpitaux, mettent l’accent sur l’urgence d’y mettre en place des services de néonatalogie afin de prévenir des complications entraînant, la plupart du temps, la mortalité des nouveau-nés. « The facilities and equipment look good but there is a lack of space. You need to provide new born units to each region », estime le Dr Pravin Kumar, Head of Neonatology au Post Graduate Institute of Medical Education and Research de Chandigarh. Ces unités, dit-il, devraient être interlinked afin d’uniformiser le service.
Pour prodiguer des soins de qualité aux nouveau-nés, insiste le Dr Kumar, il faut des personnes connaissant « les principes de base pour sauver la vie d’un nouveau-né ». Notre interlocuteur remarque que la formation en ce domaine est pratiquement inexistante alors que les médecins et infirmiers ont encore beaucoup à apprendre dans la prise en charge des nouveau-nés. « There is a lack of trained people, there should be a holistic approach, it is not only about costly machines but also about man support », souligne le Dr Ashok Kumar Deodari, Head of Pediatrics Department au All India Institute of Medical Sciences de New Delhi. « Instead of using machines which cost a lot, you should encourage best evidence based practices in which there is no need to keep a child away from his mother when he is matured as one can opt for the kangaroo mother care. The mother herself can keep the baby on her chest to breast feed him and keep him warm. These are basics things that you have to develop », dit-il. Sous son impulsion, les traitements de haute technologie médicale sont souvent remis en question, et tout particulièrement ceux nécessitant des procédures invasives. Les deux spécialistes indiens estiment ainsi que le gouvernement mauricien doit miser sur la formation dans ce domaine. Ils ont déjà eu une session de travail avec le ministère de la Santé pour mettre à profit leur expertise. « Our objective is to have perfectly born baby so as to decrease the burden of disability on a society ».